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instants philosophie

L’anthropo/logique (de la pensée au moi)

15 Octobre 2014, 08:58am

Publié par pascal doyelle

Si l’on se pose la question de comprendre pourquoi la philosophie n’ayant jamais cédé sur l’impossibilité a cependant bien largement puisé dans les idées, dieu, l’esprit, le sens de toutes choses, etc.

On remarquera ceci les extrémités alléguées sont toutes déjà en elles-mêmes des références réflexives ; idées, dieu ou esprit, cela s’effectue comme opérateurs dans la résolution qui fut amenée par les grecs et le christianisme concernant « ce qui est arrivé à l’humain », au sortir de tous les mondes particuliers antérieurs, antérieurs à cette survenue. Ou donc, ce sont des opérateurs réflexifs, qui permettent de re-situer là où l’on est mais qui demandent en retour que l’on se situe par cela. Dieu a besoin de notre accord, la raison ne se pense pas toute seule mais doit être pensée, on n’est pas libre si l’on n’est pas de plus en plus libre.

Ensuite, ayant acquis l’apport réflexif, via la pensée grecque, le devenir chrétien, le et les sujets modernes, la personnalisation qui suivit l’humanisation (au travers de la révolution unique qui s’impose partout), on peut revenir à ces mondes antérieurs mais ce ne sera jamais que sous la forme que l’on a atteint ; on est par exemple décisivement et définitivement un moi dans l’humanisation universelle, de fait.

Tout l’enjeu qui eut lieu et qui se servit des instruments réflexifs que furent idées, dieu, esprit, sujet, etc, consistait à élaborer l’architecture nue et sans rien, formelle, ayant pour seule base non pas tel ou tel contenu (que ce soit le mana ou bouddha ou la « raison ») mais ayant pour base le seul mécanisme réflexif pur et simple de la conscience-de, qui cessant de se fier à quelque contenu que ce soit, crée ses propres machines intentionnalisatrices ; que les grecs nomment idées ou les chrétiens dieu ou Descartes supposant le sujet, mais aussi tous les grands sujets qui inventèrent des performances contre ou en dehors de l’ordre et de la grâce … le mouvement, lancé, ne peut pas s’arrêter ; l’invention fut aussi celle de la révolution, unique et décisive et puis de l’ambition des révolutionnaires innombrables qui suivirent (en imitation de porter plus loin encore la révolutionnarisme).

Autrement dit, il est clair que les propositions ; idées, et systèmes d’idées, dieu et devenir réflexif chrétien (et affiliés), sujet et grands sujets, moi et conditions d’existence d’un moi, etc ; sont non pas des contenus immédiats (des contenus qui sont donnés dans le monde là localisé et particulier et qui sont admis tels immédiatement, par ex « je crois parce que c’est absurde » concernant dieu, ou « j’annule tout ce qui précède en vertu du cogito » ou « le monde doit être renverser cul par-dessus tête », le révolutionnaire étant un Grand Sujet, Marx comme Rimbaud ou Nietzsche) mais sont élaborés réflexivement par-dessus n’importe quel monde humain, et se désignent eux-mêmes, ces contenus réflexifs, comme universels et, surtout, comme structurels, comme sujets et comme révolution(s), comme corps et comme mois.

On le voit particulièrement pour chaque moi ; il ne s’obtient pas lui-même aisément… On voudrait qu’il en fut autrement, qu’il soit naturel voir destinalement d’être le moi que l’on est, mais c’est faux. Il n’est ni naturel ni destinal. Autrement dit il est voulu et intentionnel et articulé et donc forcément se surmonte, s’invente.

Mais en tout cela il n’est rien de si foncièrement humain ou apaisant. Le libre structurel est une sauvagerie dans tout monde humain, l’architecture qui se formalise, et ce d’abord en s’éprouvant et en réalisant de par soi la formalisation, en devenant cette invention, en modifiant le rapport au corps, le sien ou celui des autres. La réflexivité qui est ce qui travaille la matière humaine, se réalise d’abord ; elle n’est pas une idée ou une théorie, et lors même qu’elle se sait philosophie elle réalise, rend réel, rend effectivement fonctionnel une structure ; qui en philosophie doit en plus se comprendre elle-même.

De plus l’esthétique qui se déploie soudainement en se découvrant comme telle, comme seulement et uniquement esthétique , en resserrant son champ et en poussant plus loin encore toute l’esthétique qui préexistait (évidemment) dans les mondes précédents, développe elle aussi sa propre pensée de soi ; elle se réfléchit parce qu’elle est du mouvement même général de réflexivité.

Or cependant la philosophie doit en plus (de préciser son propre champ et ses propre objets) situer, re-situer cela même qui se passe ; pourquoi doit-on réfléchir, renvoyer à être, retourner la formulation sur elle-même ? Qu’est-ce que c’est que « ça » ? Ce mouvement qui soudainement s’empare du monde ? Qu’est-ce que cet objet impossible « l’être », puisque le réflexif se distingue précisément de ceci qu’il s’en prend à l’être ? Qu’il s’en prend réellement à « ce qui est tel que là » et qu’il veut épuiser intégralement ce qui apparait, et en cela même cette structure n’est pas plus mondaine, n’est pas plus de ce monde-çi qu’elle n’est humaine. C’est cet être duquel participe les autres établissements de réflexivité qui est ou doit être par la philosophie son objet, c’est « cela », ce qui soudainement articule autrement qui doit être identifié ; que cela soit définit par la pensée, par la réflexivité-dieu, par le sujet ou par les grands sujets ou ensuite par les mois concrets innovant leur corps.

Ce qui soit dit en passant inaugure aussi une nouvelle esthétique, politique, éthique, et un nouvel idéel. Il est, il y eut, il devient un monde entier construit par et pour les mois ; parce que c’est là que cela se passe. Si l’on veut par exemple développer un capitalisme néfaste et distordu, il suffit de se demander ; ce capitalisme délirant permet-il qu’il y ait des mois, des personnalisations dignes de ce nom ? S’interroge alors de comprendre ce que c’est qu’un tel moi, et pourquoi et comment les mois réels tentent d’y aboutir ou échouent.

Or à partir du moment où il n’est plus d’un tel moi naturel ou destinal (on serait éternellement le moi que l’on est), ça se complique et se complique selon d’autres intérêts. Parce que sitôt que ça tombe sous la réflexivité, ça regimbe, et non seulement de se poser nommément la question théorique, mais de ceci que tout moi finit ou commence par se la poser, cette question, expressément et concrètement. C’est pour cela que si l’extensivité est relative à l’universel et la pensée, si l’intensité est proportionnée au sujet et grands sujets, alors la densité et la lourdeur, la pesanteur, la difficulté enfin réelle est assumée plus ou moins par tout moi.

La réflexivité qui s’en émoustillait de la pensée et de l’universel, les sujets qui élevaient et intensifiaient et oh combien les grands sujet se sont éclatés, littéralement, la réflexivité a creusé jusqu’à la matérialisation même, soit donc les mois. Dans les corps.

Si l’on demeurait dans le seul registre de la pensée comme raison, on n’y comprendrait rien. On plaquerait l’universel, cette réglementation abstraite, sur la réalité, or c’est la réalité même qui est retournée, chamboulée, emplie de bifurcations dont l’unité n’est ni la raison, ni le sens (de la vie, etc), mais la structure mécanique qui creuse la réalité et la crée, l’engendre, comme matérialisation de ce soc qui fend vers le réel, les réalités qu’elles retournent en sont des effets (humanisation et personnalisation).

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