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instants philosophie

Le sens, l’orientation, la direction du Présent

22 Novembre 2014, 09:46am

Publié par pascal doyelle

Ce qui existe n’a pas de sens, parce que c’est le sens. Ça n’a pas de sens en ceci que ça ne va nulle part, c’est « là ».

Sauf que le là en question n’est pas du tout un simple donné, une composition, de la détermination, et que ça creuse en dedans, ça outrepasse et c’est la fonction même du présent. Le présent est là afin d’échapper par-dessus la détermination et le donné là. De même « conscience » ne se présente pas comme déterminée mais par-dessus les déterminations. Ou plus exactement par en-dessous.

C’est la possibilité qui prédominait auparavant, de situer au-delà de la détermination une archi détermination qui regrouperait les sens, les différentes significations de l’être, de ce que l’on nommait l’être, avant que celui-ci soit splitté, dispersé selon l’existence. Mais la réunion des significations de ce qui est, vers l’idée idéelle ou idéale de l’Etre (la réalité comme idées ou la réalité comme moteur énergique, Platon ou Aristote, sans compter que l’on a pu totu autant évaporer l’exister dans les atomes, qui abandonnent le champ à la matérialité, à la composition mais cette fois composition de l’élément physique).

L’archi détermination des grecs entre évidemment en congruence avec l’hyper détermination du christianisme ; non que cela tienne en une religion, mais de ceci que le christianisme est réflexivement sur l’assise du monothéisme dont on sait bine qu’il le subvertit intégralement ; réflexivité dans le réflexif du Un (le dieu juif n’a pas réintégré un corps, de même l’islam réintègre lui la communauté, en esprit). L’archi et l’hyper, l’extensivité de l’universel et l’intensité du sujet (dieu révèle notre être en sa dernière conscience indéfiniment possible, qui nous libère du monde et du corps donné là, délivre des intérêts du monde qui sépare les consciences, et réunit les consciences-sans-rien, crucifiées, en son uni-conscience).

Si l’exister est le « sens » lui-même, (c'est-à-dire si il est l’in-sensé) et qu’il n’y a pas à se demander pourquoi, la question serait alors : mais qu’est-ce que c’est qui est (entièrement là) ? Ou donc comment déplier « cela » qui est « là » et dont on voit qu’il est « ce qui est » mais dont on ne sait que peu.

On a vu que l’on est passé de l’être comme pensée, à l’originel de la pensée, la pensée est pensée par un sujet, puis au démontage de ce sujet par la structure ; la substructure proliférante (dénommée « conscience » comme forme vide sans rien, mais absolument positive et radicalement à la racine, pour ainsi dire ; à la racine non pas qu’elle existerait avant tout le reste, parce qu’au contraire elle existe après tout le reste et surgit de la cervelle vers le réel, et que donc « à la racine » signifie qu’ontologiquement c’est en ce point là que ça se passe).

Ce qui est, et qui donc est de fait le « sens » (insensé puisqu’il ne conduit que ici même, sauf que l’on ne sait pas « où » l’on est), ce qui est se tient dans et par ce résultat auquel la réflexivité philosophique aboutit ; la structure de conscience.

Contrairement à ce que l’on caricature il ne faut pas comprendre « conscience » comme un contenu, mais comme un mécanisme ; ce que l’on perçoit fortement par Sartre, et c’est également ainsi qu’il faut lire Husserl ; la description qu’il en opère s’institue encore comme « ayant un sens » ; les intentionnalités formeraient une signification ontologique, un aboutissement supposé. Par là Husserl entend reconduire le travail qui jusqu’alors cherchait dans le contenu, l’archi contenu. Il était alors possible d’empiler, de concaténer, de réunir, de synthétiser l’ensemble de toutes les significations de ce que l’on prononce, ou en l’occurrence intentionnalise, et cela indiquerait un sens.

Or bien que mécanisme c’est à chaque fois un point, ce qui signifie un individu. Si l’on s’en tient au contenu, on ne retiendra que l’universel, mais si l’on admet l’individu (cad l’indivis, l’indivisiblement un, indivisiblement tout à fait spécifique puisque ce Un est un rapport ; le rapport à (soi)), cet universel, maintenu, est incrusté dans le réel comme un, ce qui veut dire comme effectivement existant, effectivement présent, effectivement réel.

Ce qui a commencé de se creuser par les grecs, repris par les chrétiens, Descartes et grands sujets, c’est la compréhension du lieu de notre situation ; là, le lieu en lequel chacun est, est absolument ce par quoi il est dans l’être même une dimension en plus. Et il s’avère que ça n’est pas uniquement une dimension « humaine » mais structurée par le présent, soit donc cela qui anime tout ce qui est.

Si l’on passe outre l’illusion que provoque la dernière acquisition par le réflexif ; le moi et l’objectivisme (de science ou d’Etat) ; il est donné à chacun de réimporter en son moi, et par son moi (puisque le moi bien que bouchant la vue, est une avancée considérable et provoque une hyper-archi acculturation qui seule rend vrais, cad réels, l’universel et l’Etat, l’historicité et le réflexif, qui par cela s’incorpore), de réimporter à la fois l’extensivité, l’intensité et la densité (la pensée, le sujet, le moi).

Ce qui continue dans le registre de l’insatisfaction indécrottable (…) est alimenté par le moi lui-même ; il croit qu’il peut être, être plus, être autre, être ailleurs ou autrement, bref on ne sait pas, et le moi n’en sait pas plus … Il est ou serait taraudé par une insatisfaction fondamentale qui serait telle une malédiction … Puisqu’il est articulé par la synthèse et la conscience versée, déversée dans ses contenus, il continue de croire en on ne sait quelle attente. Alors que tout est là.

Il apparait clairement et Nietzsche est le seul, le seul, que l’on doit être ce que l’on est. Que l’on doit être « cela » que l’on est, rien de plus, pas d’arrière monde, ce qui veut dire pas d’illusion d’être ailleurs autrement encore plus, etc. cette station, cette suspension absolue que crée, invente, découvre Nietzsche est ce que l’on retient ; ce qu’il en retire, les argumentations qui tendent à expliciter la description de son état ontologique, de son être ontologique, sont à distinguer de cette dite description de position ; par Nietzsche (de même que par Descartes et le roc radical du sujet fondamental, repris par les grands sujets, Kant et Hegel compris, qui regardent, perçoivent la réalité ou le devenir des yeux du dit sujet, tout à fait extérieur à ce qu’il dit (le transcendantalisme par quoi il se détoure et l’historicité par quoi il se voit agir et penser), par Nietzsche le « qui-est » remplace le « ce qui est ».

Et par le « qui-est » il faut comprendre qu’il existe en tant que mouvement ; en tant qu’il se rapporte à son être ; le « qui-est » n’est pas une simplicité ni seulement une complexité (il serait complexité de déterminations), mais une distorsion (une difficulté de structure et non de déterminations). Par distorsion il faut entendre que l’on n’y aborde pas sans y être … ce qui tombe bien puisque l’on y est.

Que l’on n’ait pas le choix, puisque « ceci » est cela seul qui est, et que donc on se situe déjà-toujours à la racine de « ce qui est », ce qui se voit tout à fait nettement de ce que seul le présent est, est le fait même (il n’en est aucun autre et tout ce que par ailleurs on peut découvrir doit y prendre place). Ou donc ; l’exister ne s’instaure pas d’ailleurs (de où s’installerait-il ?) l’exister est ce qui installe tout ce qui est, et ce qui existe est ce seul présentement.

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