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instants philosophie

Les deux logiques agissantes

17 Novembre 2014, 09:56am

Publié par pascal doyelle

Tandis que les mondes particuliers antérieurs se fondaient sur tel ou tel contenu, il est enfin arrivé que le mécanisme de conscience, purement formel et sans rien, mécanisme vide mais formellement existant positivement (ce que l’on prend habituellement pour du néant, et qui constitue le bord du monde, autrement dit à l’inverse du néant, qui constitue le redoublement du monde sur son bord, la transcendance de cette immanence), que ce mécanisme donc prend de lui-même conscience.

La conscience –de, cette structure, vide, était jusqu’alors emplie de tel ou tel contenu, s’offrant comme mondes particuliers à chaque fois, séparés, chaque fois un, mais c’est ce mécanisme qui s’utilisait dans les langages, et les mondes, qui vient à s’énoncer lui-même et qui devient ce qui agit dans le monde (qui n’est plus particulier, qui est devenu le donné là gigantesque, le monde universel non séparé par et dans des synthèses, mais monde universel tenu (et non réuni) par le un de la structure de conscience active).

Le mécanisme qui a pris son indépendance, outrepasse les groupes, langages, et donc qu’il y ait une vérité ; au sens où il n’est pas de contenu qui serait supérieur et intégrerait tous les autres contenus. Par contre ce qui existe c’est la structure ; la structure est la vérité au sens où elle est le réel. Notre être réel. Ce qui se découvre c’est notre être structurel comme bord du monde unique, et qui se tient comme Une et sans rien ; rendant possible quantité de vérités puisque l’on a dépassé le stade d’une vérité (qui couvrirait toutes les autres).

C’est cette structure qui commence alors de se déployer ; d’élaborer son architecture ; toute entière réflexive, ce qui veut dire ne tenant pas aux contenus, elle suspend tous ses propres contenus dans le tissage de ses intentionnalisations (qui outrepassent langages, groupes, mondes, personnalisations, etc).

La structure dit d’elle-même ce qu’elle est ; puisqu’elle se réfléchit, se-sait, et est la conscience de soi comme conscience (cad comme mécanisme de conscience-de, élaborant des machineries intentionnalisatrices, formulations, etc, soit donc sujet, systèmes, ouvertures de la dimensioN structurelle par les formules, la dimension du bord du monde).

La structure qui est conscience-de ne peut pas ne pas savoir « qui elle est », puisqu’elle est réflexivité ; elle sait parfaitement, par les grecs, qu’il se passe quelque chose qui n’obéit plus à la logique de synthèse qui présidait à chaque monde particulier (qui enfermait chacun dans son monde propre), et que cet être qui désormais se-sait débouche sur le monde là, le Même monde, puisqu’il s’agit du Nôtre-être même, antérieur à toute humanisation particulière (mais aussi à toute personnalisation bricolée, comme synthèse de soi-même).

De sorte que l’on passe des mondes synthétiques, au monde unique analytique ; le un commence de démonter toutes les totalisations qui eurent lieu et qui se reforment incessamment (puisque l’on ne cesse pas de « se » produire comme totalisations, le moi est une totalisation qui se croit). L’analytique se constitue à partir du se-savoir qu’est de fait notre être ; il se nomme tel ; en nommant le réel, ce qui signifie l’être. L’être n’est pas cette sorte de grosse boule désirable que les critiques absurdes de la pensée ont fantasmée, mais est la machine opératoire qui annule toute détermination qui enfermerait la vérité structurelle dans une vérité composée.

La structure a donc lancé l’humanisation sur une autre voie ; elle s’est rendue indépendante et outrepassant langage, contenus et synthèses, a imposé son élaboration réflexive (qui suspend toutes les énonciations dans le tissage de son architecture intentionnelle, celle qu’il faut vouloir pour qu’elle soit, sinon tout retombe au niveau du « là » stupide, de l’immédiateté, des finalités pauvre ou basses, ou dans la restriction des compositions de déterminations sans prééminence, dans la dispersion scientiste qui ne parvient plus à remonter jusqu’à la structure ; le moi ignore le sujet, la science l’absente, l’antiphilosophie le nie).

La structure est ce qui attire hors de la détermination mais comme la structure n’est rien que le bord du monde, du moi, des sociétés, des langages, c’est en soulevant la détermination ; en produisant de la détermination qui est enserrée, prise dans, articulée par les intentionnalisations. Humanisations diverses, puis humanisation réflexive, moi et personnalisations, systèmes et réalisation systématique (par la révolution unique qui eut lieu partout ou tant s’en faut) de la structure même, sont des contenus travaillés, œuvrés, élaborés, qui tiennent par le bout, le bout lancé hors du monde à partir du bord.

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