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instants philosophie

L’accès, l’excès, l’image de l’humain

23 Juillet 2015, 07:42am

Publié par pascal doyelle

L’accès historique, l’excès structurel, l’image de l’humain

La philosophie avec ses gros sabots met les pieds dans le plat, et par conséquent ces « grosses idées » ne pénètrent pas aisément dans la réalité (alors même que pourtant il n’y eu d’acculturation que fondée sur les grecs et les chrétiens, et c’est effectivement « ce qui eut lieu ») ; contrairement à ce que l’on pourrait croire ou que l’on veut nous faire accroire, les mois (ces prétendument corps-langage limités) sont bien autre chose et bien autrement ; ça les travaille, au plus près et dans tout autre chose que « la révolution ».

Ceci est très curieux. L’idée de révolution est une idée très extérieure, une de ces idées qui, telles celles philosophiques, ne passent pas dans la réalité ; elle voulut s’imposer à la réalité, à la raison, à la naturalité (celle du libéralisme en lui opposant la naturalité, universalisée, du communisme), au moi. Mais c’est la raison, purement technologique (et non pas dialectique, qui était en somme bien métaphysique en son principe), la naturalité libérale et le moi qui se sont continués en effaçant la révolution. La révolution française est déjà elle-même tout autre qu’une idée ; c’est une altérité et donc non conceptuelle (qui n’a ainsi rien à voir avec le conceptualisme hégélien ou l’universel kantien, bien que contenant Hegel et Kant ; dès la révolution universaliste établie, c’est déjà autre chose qui commence ; la personnalisation est déjà la réflexivité intérieure à l’universalisme de l’État), Et pourtant nulle envie de défendre le dit libéralisme...

Essayons de démêler.

Altérité fut la révolution, unique, qui a pointé au travers de la détermination ; la restructuration de chacun par sa propre conscience, son activisme et qui, puisqu’elle est la pointe de notre être (elle est au bout de notre réalité-humaine et cette pointe est autre que notre réalité, delà notre distance existentielle et ontologique envers nous-même ; on ne coïncide pas et c'est un activisme), et ainsi peut potentiellement atteindre toutes les formes, tous les contenus, toutes les déterminations, tous les corps ; ce qui ne veut pas dire qu’elle, que cette pointe, qui ne contient rien, les connait, mais qu’elle les travaille en tous les sens ; et c'est ce à quoi l’on a assisté, durant deux siècles et demi, ce à quoi l’on assiste ; au déchainement.

"Partout l'homme est dans les fers" etc.

Autrement dit on ne peut pas boucher la restructuration des consciences par un concept, un universel, une idéologie ; serait-elle celle du libéralisme, qui est aussi une idéomanie séparatrice spécifique qui annule les libertés, mais pas de la même manière que le communisme ; qui dans le même temps tire partie du libre acquis en le pervertissant, en le pliant à d’autres finalités, des infra finalités, des abaissements ; le libéralisme livré à lui-même n’est pas capable d’assumer la puissance de la restructuration révolutionnaire originelle, celle-là même de la révolution unique (continuelle).

En somme le libéralisme est juste une adaptation du phénomène originel ; phénomène dont on ne mesure pas la portée, l’ampleur, la puissance ; fondamentalement il consiste (cette révolution) en ceci ; comme il est impossible de contraindre les consciences à penser, à réfléchir, à s’instancier dans le réel (ce ne pourrait être qu’une conversion imposée de surface), il faut donc, c’est logique, que ces consciences se « convertissent » elles-mêmes.

Rien ni personne ne peut avoir accès à la structure agissante en chacun.

Et ce structurellement.

Mais de plus rien, aucune vérité n’occupe la place, le lieu, le point d’accès au réel qu’est chaque conscience ; on ne peut pas remplacer cet accès par un discours, une théorie, une idéologie. Sauf de renvoyer de l’intérieur d’une théorie vers et par chaque conscience et c’est cela qui se nomme la pensée. La pensée soit donc toutes les manifestions de la structure en politique, éthique, esthétiques et idéels, acculturation et personnalisation ; autant de manifestations qui n’existent qu’intentionnalisés et qui dit intentionnalisation signifie ; mobilisation du corps. De tout le corps, de l’autre corps, du corps-en-plus de celui-ci.

On dira ; mais comment réaliser de telles manifestations ?

Mais c’est ce qui eut lieu, déjà, mille fois dans toute l’acculturation. Et comment changer vers ce corps-en-plus ? C’est pourtant ce qui déjà a lieu en et par chaque corps, chaque moi en un corps, le moi en un corps est cela même.

Si l’on se demande ce qui nous arrive, ce que l’on fait ici même, c’est cela.

L’incarnation de la structure en un corps, qui ne trouve pas ou plus son raccord avec les trois autres manifestations ; la pensée, dieu-le christ, le sujet ; et qui retravaille constamment le moi et ce qui tient lieu, cad en fait réalise l’universel dans le monde, soit la Médiation.

Rappelons donc qu’il n’est pas de structure de conscience sans un corps (une idée, idéologie, système ne peuvent atteindre au corps-conscience, seul accès,puisque "conscience" nait instantanément d'une cervelle, à même une cervelle et nait nue et sa) et que d’autre part la conscience ne peut pas se convertir de force (et de plus une conversion forcée ne parviendrait plus à se renouveler, elle répéterait le mensonge, sortant du réel) et la profusion des images, des spectacles, des mises en abime, le déluge informationnel, le partage des vérités, mais aussi les démembrements intérieurs, les dommages collatéraux de l’exposition, de l’exhibition, des transgressions ou des réactions participent d’une seule et même exposition de toute la détermination qui peut atteindre mais aussi mettre en forme les corps de conscience.

Or on a dit que chacun y est convoqué en personne, chair et os, identité et structure ; c’est toute la folie, le délire et la morbidité, la déconstruction des êtres et des choses, tout comme le partage des vérités et la commune aperception de soi pour chacun des mois, c’est tout l’ensemble qui se donne totale représentation de leurs déterminations.

On aimerait pouvoir découper l’ensemble de la représentation vivante, élaborée, distordue, sublimée ou explosée en tous sens possibles, mais c’est en une fois que le spectacle total se déverse, puisqu’il est la finalité elle-même… la médiation sur laquelle les structures de conscience interagissent. La seule médiation susceptible d’atteindre l’accès radical et donc le lieu de tous les combats internes ; même les pires exactions, réelles, physiques, sont amenées au jugement interne ; à l’exposition intégrale (que cent pouvoirs tentent évidemment de circonvenir). L’humain par cela se juge et d’un jugement dernier.

De même qu’il put se remarquer le terminus, la fin de l’histoire ; et ce non faussement, parce que la révolution (la révolution unique qui eut lieu et a lieu encore partout et qui n’est pas, en interne de sa structure, close ; le libéralisme en est une phase, comme le communisme, c’est autre chose qui se cherche, s’élabore) réalise « formellement la mise en forme », si l’on peut dire. La mise en forme (la révolution) de l’historicité est la création par et pour cette forme unique qu’est la structure de conscience, qui crée en plus de l’humanisation la personnalisation ; la finalité est d’étirer continument la réalité par le réel, l’horizontalité par cette verticalité formelle, le monde par les points exogènes que sont les consciences.

Et puisque la structure de conscience n’est pas du tout un contenu mais un point de vue, le point de vue unique, c’est l’ensemble des réalisations qui sont explosées et exposées ; n’étant fixée en rien et par rien, la structure démultiplie continuellement sa tentative de superposition en et à toutes les réalités et les réalisations. Par la simulation d’une idée-image de l’humain, du moi, de la réalité et de la réalisation (de ce qui est et de ce qui peut ou doit être fait, décidé, projeté).

Evidemment cette simulation (de tout ce que l’on est) est elle-même une historicité ; de même que l’idée image tentée du communisme s’est effondrée (l’universel convoqué par le communisme n’est pas suffisamment ample pour absorber toutes les complexités), de même le libéralisme succombe à sa propre idée image ; et ce bien qu’il s’affirme comme étant la réalité même, la raison donnée ou la naturalité ou les mois eux-mêmes ; le tout packagé « naturellement » ; alors que tout est construction. Que tout soit construction sort du bois par les années soixante, par l’ensemble potentiel des mouvements de libération, tout comme par les mouvements révolutionnaires antérieurs.

Mais alors les dites constructions ne sont pas indifférentes ; il est clair que la structuration, la simulation et exposition et représentation de l’humain dans le jugement dernier qui le préoccupe passionnément, tendent à l’intégration ou la désintégration de l’humain (ou des mois, des mois enroulés dans l’humanisation ou des mois comme réflexivités dans la réflexivité déjà préalable que fut la révolution unique). L’image dans le miroir (au travers de tous les médias, et des médiations, institutionnels ou d’acculturation, il n’en est qu’une, qui se recompose dans chaque regard) est ce qui nous dévore ou nous outrepasse ou nous écrase ou nous démultiplie ; quelle est la valeur de l’humain ?

Intégration ou désintégration de l’humain mais donc également des mois ; il est possible que les mois se portent au-delà de leurs conditions psychologiques (au-delà de leur corps-langage supposé par les objectivismes et les objectalités), mais il est évident que la désintégration des mois les menacent, individuellement, continuellement.

Pensée grecque et christianisme et sujet (cartésien, kantien, etc) offraient littéralement et structurellement la libération par la réflexivité (qui s’impose par-dessus le donné, la nature humaine, la transfigure et ajoute les possibilités structurelles), mais raison, naturalisme et moi (qui remplacent la pensée, dieu et le sujet) visant à la réalisation, dans le monde, de la structure (ayant donc du modifier la structure pour qu’elle puisse avancer dans le monde) gagnent en précision et en élaboration mondaine et vécue et théorique mais se posent comme réflexion (et non réflexivité valant en soi en sa dimension), réflexion de cette réalité sur elle-même ; on ne quitte pas le donné, on n’ajoute pas une dimension au donné et on imagine un idéal du donné mais aussi du vécu, une humanisation lourde et pesante et une personnalisation essentialiste et mentale.

Il n’est aucun moyen de procéder autrement ; pensée et christianisme et sujet valaient absolument et pour eux-mêmes créant la Dimension-même, mais impraticables dans le monde, le vécu, le corps ( c’est pour cela que la raison, le naturalisme et le moi procèdent d’un sujet absenté, annulé et ignoré, respectivement ; le moi par ex ignore son sujet, il se prend pour lui-même et il a raison mais c’est largement insuffisant). Et par contre praticables dans le monde, raison, naturalisme et moi s’ils se réalisent dans la réalité (hors de question de le nier) s’effondrent dans le monde, le donné, le vécu lui-même qu’ils produisent ; on peut penser, prendre structurellement conscience chrétienne de soi ou se saisir de la structure du sujet, mais on ne peut pas maintenir impunément l’idéal rationaliste, naturaliste ou vécu … parce que la réalité n’est pas idéale…

C’est en ceci que tout moi se heurte effroyablement à la réalité ; le circuit, la figuration (qui n’est pas de la dimension de la pensée, du christ ou du sujet, qui n’est pas une configuration hyper ou archi ou méta) de la raison, naturalisme et moi créent un idéal …

Remarquons qu’il est alors absurde de juger de la pensée grecque, de dieu-le christ, du sujet comme si ils étaient des pré-incarnations de la raison, du naturalisme ou du moi ; il y eut entre les deux le grand basculement historique de la révolution unique (propagée de par le monde, soit sous sa formulation libérale soit communiste, le communisme a propagé la pensée, autant que le capitalisme ...) qui a transformé l’appel structurel radical en réalisation limitative (non pas limitée mais limitative, indiquant par là qu’il est dans sa nature même historique d’être précisément du donné, du monde, du vécu, c’est sa fonction de raison, de naturalisme et de moi).

Ce qui par ailleurs et par contrecoup (en réalité originellement) permet de se réfléchir selon l’archi grec, l’hyper chrétien et le méta cartésien et suivants ; il n’y a aucune raison de laisser cette dimension éloigné de notre moi… aucune raison de ne pas crever la voûte bovine et crasse de la rationalisation opaque et lourdingue (littéralement dingue parce que l'idéal ramené dans le monde produit son inversion perverse, démantibulée, démembrée).

Et pour le dire clairement ; on admet totalement la raison, le naturalisme et le moi (puisque la philosophie a créé tout cela, de fait ; le savoir engendrant les connaissances) mais qu'ils ne soient pas l’étouffoir de la pensée, du dieu christique (ou autre), du sujet … Tout cela est une réduction exténuante de notre être et la mise à disposition de notre être par et dans des discours autres, des discours agencés par d’autres consciences qui se prennent pour nos consciences (ou plus exactement nient qu'il y ait conscience, l'absente, pour la science, l'annule pour les théories et idéologies, l'ignore, pour les mois psychologique), se substituent, au point de notre structure, des discours objectivistes ou objectaux qui se prétendent ou se prennent pour la réalité, le donné, la naturalité ou le corps-langage lui-même.

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