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instants philosophie

Le Un est le présent

13 Septembre 2015, 11:44am

Publié par pascal doyelle

Technologie du Un existentiel

La philosophie n’indique en aucune manière une doctrine, mais une technologie. Libre à quiconque de croire au Christ ou Allah ou de suivre Bouddha, mais le christ ou bouddha ou Platon seront traités ici en tant que technologies d’accession à une « structure » qui sur-existe par rapport à n’importe quelle définition ou fixation, théologique, dogmatique philosophiquement, scientifique ou selon l’air du temps. Le principe qui admet le christ ou bouddha comme technologies est dans l’historicité ce qui s’est délimité comme inversion de l’absolu, par les grecs, vers le Un ; ce qui est absolument est ici même.et cette existence ici même est spécifiée comme Une. Elle est intégralement là.

On a vu que si le Un est ici même, ça ne produit pas une réduction à l’unification, mais le déploiement, au contraire, de l’altérité entière de ce qui est ; tout devient Autre radicalement et le réel est la radicalité selon l’altérité fondamentale.

La philosophie est « ce qui montre et expose la structure » dans son activisme forcené.

Il est clair que la technologie ainsi dénommée s’exerce bien au-delà des grecs, du christ, bien au-delà de Platon ou de Descartes ; mais pour ces derniers c’est évident ; leurs collègues philosophes n’ont pas cessé de les déconstruire et reconstruire, c’est la poussée même de la pensée, le mouvement.

On a défini, ailleurs, les grecs comme étant « ceux qui refusent de se laisser faire », ou si l’on veut, « qui veulent ici et maintenant que CELA se réalise ». Impérativement et dans l’exigence fondamentale (ce qui veut dire quel que soit l’état du monde, de l’humain ou du corps à quelque moment historique ce que ce soit).

Ou donc ; « ce qui est arrivé » à l’humain (sortant des mondes clos particuliers, qui par la suite ne manqueront pas de croire toujours se reformer, se refermer, et se refermer sur chacun de ces Accès que sont chacun de ces mécanismes de conscience que sont les Jes),
« ce qui est arrivé » à l’humain est la restructuration de l’absolu tout là-haut, et sa transformation vers le Un,
ici-même.

Contrairement à ce que prétendent les dogmatismes divers ou la critique envers la pensée, lorsque le Un s’impose il renvoie à tout ici-même, quel qu’il soit. On pourrait croire que Platon ou Hegel formalisent une sorte de Un qui étoufferait toutes les autres tentatives … mais il faut mesurer les effets de la pensée ; il n’y eut jamais autant de distinctions, de différences, de luttes et de possibilités que depuis la proclamation insensée du Un philosophique … Que le Un soit, signifie qu’il va proliférer.

Le Un est l’opérateur de toutes les divisions et séparations et de toutes les individuations ; l’individué est l’atteinte forcenée, in-sensée, de la racine même, que rien ne remplace (aucun discours ne s’y substitue et tous les discours y sont épuisés, comme tous les mondes humains ou toutes les personnalisations).

C’est structurellement que l’accession via le Un, s’est qualifiée comme déploiement de la structure ; or on sait que la structure est sa propre forme, que l’être ne la supporte pas (l’être se referme toujours en mémorisation, les choses sont des mémorisations des présents, mais aussi les sociétés humaines se referment intérieurement, bien vu par Bergson qui saisissait l’instant « ce qui devient »), et que les accès au réel s’opèrent fantastiquement selon telle ou telle anfractuosité (ce que Badiou tente de penser, mais il condamne la Porte même de cet accès, en supposant que la vérité est la finalité, alors qu’elle est le moyen d’une structure, que Badiou ne reconnait pas, supputant que cette structure serait « dieu », ce qui est absurde, dieu est le signe second d’une structure effarante préalable).

Ce qui prolifère dans la pensée (ou l’esthétique ou le poétique ou l’éthique ou la politique ou l’idéel, l’humanisation et la personnalisation) est l’articulation ; or on a vu que l’articulation entraine le donné là ; le « là » du donné est la confondante désarticulation de tout, la priorité du Un archi actif des grecs, hyper actif des chrétiens, méta actif des cartésiens, pro actif de Nietzche, Heidegger, Sartre, Lacan. Et si l’on suit bien, on se rend compte que l’activisme de conscience ne se contente pas de dire ce qui est, de le comprendre ou de le penser ; l’activisme est lui-même le Créé.

C’est pour cela qu’il n’est pas seulement la vérité sur le donné, sur le monde, et que l’on peut aligner quantité de vérités d’adéquation (depuis que les grecs ont ouvert le savoir et la certitude de la pensée, se sont accrochés les wagons de toutes les connaissances, mais le savoir, on ne sait de quoi ni de qui, est premier et épuise les connaissances comme les systèmes), mais qu’il existe un devenir en plus de tout le donné, de tout le langage, de tous les groupes humains, de tous les vécus et les corps et les mois.

Il y eut une apparition et elle a brodé, tramé, tissé en plus et par dessus son intuition structurelle originelle ; intuition structurelle, cela veut dire intuition non pas éthérée mais d’une structure effectivement existante. Le tissage était inattendu ; rien dans les mondes humains ne le prévoit, et le tissage se tient de lui-même, parce que la structure en plus est hors du monde ; se tenant sur le Bord.

Se tenant sur le Bord elle ne retrouve pas le monde simplement donné, elle y ajoute ; elle déploie le Bord lui-même.

Et cela signifie que le Bord est ce qui tire le monde. De même que la structure de conscience ajoute constamment au monde, donné, vécu, de même le présent ajoute constamment au mémorisé, à l’être.

Il n’y a pas que l’être, il y a l’exister. Et des deux c’est l’exister qui existe. (Rien n’échappe au présent, c’est évident et donc) Tout ce qui est, est intégralement déporté vers et par le présent. Et notre existant s’accroche dessus le Bord et chevauche l’articulation elle-même. Et comme cela n’est pas prévu, inattendu, il faut le vouloir (pour nous depuis Husserl, il faut l’intentionnaliser, d’une difficulté sans nom le rétribuer en plus sans qu’il soit). C’est pour cela que le Un se crée de se retourner vers lui-même ; parce qu’il n’est pas, il se fait exister.

Sans doute l’engagement qu’est « être » contient en potentialité l’exister, mais pour une conscience elle doit s’y mener, s’y conduire. Ça n’existe pas autrement que de s’y motiver à exister.

Que l’on s’y dirige par le Bouddha, Allah ou le christ ou Platon ou Descartes ou Nietzsche, cela revient au retour sur (soi), dont on ne connait pas le (soi).et on a vu que le dit retour est par l’occident l’amené-ici-même de l’absolu tout là-haut jusqu’alors, et que cet amené ici même est le Un ; forcément, puisque le Un ne se scinde pas. Il est entièrement « là ».

Sauf que si on définit le Un comme le Bord lui-même, le Un n’est nullement un contenu (de quoi que ce soit), mais la forme ; le présent est la Forme même.

La philosophie (qui prend donc en charge « ce qui arrive à l’humain » autour de la méditerranée, à savoir l’émergence et l’extirpation de la gangue groupe-langage-monde localisé et particulier, de cet-être bizarre de conscience-de, de tout ceci ou cela, cet-être qui sépare et découpe, distingue et recrée tout ce qui lui tombe sous la main) est l’élaboration du trajet de la structure, de la forme, le tissage sur le Bord du monde ; et comme la philosophie prend seulement en charge d’expliciter cette articulation, ça n’empêche en rien cette articulation qui nait autour de la méditerranée, de s’extasier en tous les sens ; politique, esthétique, éthique, idéel, humanisation, personnalisation déjà, etc. c’est une structure articulée (au réel) qui a explosé, et non une « idée » ou un « système » spécifique.

Lorsque Heidegger ou Nietzsche ou Sartre ou Lacan tournent autour du vide, là, bien présent, ils suivent le Bord du monde, le Bord de la réalité. De même que Descartes ou Platon élaborent strictement la possibilité de prendre conscience-de, (de la pensée comme archi intentionnalisation en plus et hors du groupe et du langage, ajoutant au langage et aux idées communes, ou de notre-être devenant cet-être cartésien posé là sur le monde-étendue), de même Heidegger etc, avancent plus encore sur la structure du Bord.

Et cette aventure, advenue, trajet, potentialité, retour inconsidéré du (soi) creuse le corps, métabolise autrement en extirpant la cervelle (dont la structure nait) continuellement exportée en dehors. Autrement dit c’est savoir le dedans sans dedans que l’on existe vers le dehors intégralement externe et autre.

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