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instants philosophie

Ré-inversion du Regard

9 Septembre 2015, 11:21am

Publié par pascal doyelle

L’inversion du regard est évidemment l’inversion de l’intentionnalisation ; l’absolu est partout posé afin que l’on puisse se percevoir d’en-haut. Que l’on y croit ou pas ; il se peut qu’il y ait révélation spirituelle ou équivalent, pourquoi pas, mais ça n’entre pas en considération comme tel ici.

Inversement donc lorsque le regard est décidé ici et maintenant, cad dans la cohérence des grecs, dans l’imposition du christ (qui explose littéralement toute conscience, et dont la poussée est bien autrement redoutable et certaine que seulement « morale », ça n’est pas la conscience morale qui est en jeu, mais la structure même de conscience, à propos de tout), ou dans la suspension de notre être par sa réflexivité, le regard ne se perçoit plus de tout là-haut ; mais le contrecoup est de le situer ici même, et le dialogue qu’est la raison consiste en ceci qu’elle se surveille elle-même, mais le dialogue initial archi de la pensée grecque qu’il est un point tout au bout du regard qui prend bien plus en considération tout notre être (que la raison et son objet) et que le dit point fait retour, comme fondement de toute pensée, comme l’Idée des idées ou le Un plotinien. Le retour réflexif est archi, étendu sur tout le donné là, et en toutes les conditions d’accès de chaque individu à la pensée, et aux conditions même de pensabilité.

Depuis le début, depuis qu’il y eut la survenue du mécanisme de conscience (extrait hors de tout monde humain particulier, lorsque ce mécanisme était recouvert dans et par une synthèse de monde, un groupe, un langage), ce qui s’est voulu c’est l’hyper objectivité qui pose « là » notre être. Les descriptions qui en découlèrent tentent toutes les pistes. Mais la structure s’impose partout ; comme hyper objectivité qui produit l’acculturation immense grecque et chrétienne, renaissant, méta, et de l’intérieur du méta se produit l’adaptation de la découverte du mécanisme de conscience, en tant qu’adaptation au monde, au donné et au vécu, (et ce à partir du sujet abstrait, version évidée du cartésien) comme raison-naturalisme-moi ; c’est ce réalisme qui fait obstacle à notre récupération de l’originelle configuration nôtre ; le réalisme est d’une efficacité totale, et il emprisonne les sujets dans leur moi.

Les constructions des proactivistes (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) tentent de nous libérer mais si l’originelle configuration n’est pas mise au jour, un mélange s’opère qui aboutit à condamner le réalisme (raison-naturalisme-moi, que l’on identifie à la pensée, dieu le christ ou le sujet, ce qui est erroné), mais également à plonger dans l’altérité, le donné là, la réalité en l’ontologisant ; tout le poids structurel qui s’est évanoui de notre conscience, aboli, se reporte dans l’altérité ; ce qui se correspondait comme articulation étrange et autre par la pensée, dieu le christ ou le sujet, s’investit avec folie dans le monde, le donné, le vécu.

Aucun moi n’est préparé à recevoir la dose massive de structure que chaque mécanisme de conscience en un corps éprouve de son centre, du cœur de son exister ; non pas du centre de son être mais du centre forcément imaginé, fantasmé, représenté, mais de son exister (forcément décentré, du dedans sans dedans) ; étant entendu que l’exister est en-plus de l’être.

Tout moi est projeté hors de son conscient, mais il tient mordicus à ce dernier, et pour cause ; le sujet dont le moi fait office, est impossible et non situable ; aussi est-ce au travers des mois que les sujets travaillent ; le corps de chacun est affronté à l’altérité la plus radicale qui soit (de ce que l’on connait) ; l’acte de conscience qui n’a aucune correspondance avec quoi que ce soit de ce monde, du donné, ou du vécu, et que donc toute représentation est toujours décalée et insuffisante (ce qui ne signifie en aucun cas qu’il faille se passer d’une représentation … au contraire il faut tout connaitre afin d’être saisi du savoir par-dessus la connaissance ; le « là » du donné emporte, embarque, produit le donné là, les configurations pensée-dieu le christ-le sujet produisent la raison-le naturalisme-le moi).

Il faut ainsi sortir des divisions qui ne sont qu’internes au Même mouvement de l’altérité pure et dure ; la brutalité ontologique qui nous a atteint s’expose dans la pensée, dieu le christ et le sujet, et s’adapte par la raison, le naturalisme et le moi, et se re-veut à nouveau dans la pensée de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, qui splittent encore plus l’humain et s’en prennent tout autant à la raison-naturalisme-moi qu’ils confondent avec la pensée, dieu le christ et le sujet) . Mais pour chacun l’affrontement invraisemblable est son propre corps.

Lorsque raison-naturalisme-moi suppriment qu’il y ait un archi (grec) ou un hyper (chrétien) ou un méta regard (cartésien, kantien, hégélien), il ne reste plus que des objets, et on métaphorise alors le désir comme si il était en nous un autre ; de là que, somme toute, les objets désirés ce sont eux qui nous observent. Dans le miroir on ne se voit pas, on est vu. On perçoit bien les images mais non pas le miroir lui-même ; toute conscience-de pose un objet mais sur un horizon et cet horizon n’apparait jamais comme objet, car alors l’horizon à supposer qu’il soit posé là-devant, recule à nouveau, se recrée par-delà ; il n’est aucun moyen d’amener l’horizon dans la vue.

Résoudre l’équation en transformant l’activisme de conscience, en désir, c’est obtenir une explication mais non pas saisir cela-même qui crée un tel désir et de cette sorte, si insituable. De même c’est remplacer le regard interne de la structure (qu’elle existe) par le « regard de l’Autre » (sorte de figuration incertaine, qui se placent comme l’être des grecs, l’infini cartésien, l’en soi kantien, la volonté nietzschéenne, il « inter-vient », s’inter-pose) ou des autres ; et tout cela est vrai et réalité mais n’avance pas jusqu’à la source même. L’horizon sur lequel ceci ou cela (à quoi se limite le réalisme du donné expliquant le donné) sont posés, ne peut se repérer que de son indétermination, que le réalisme empêche de dénommer tel et qu’il ne peut plus même reprendre des configurations antérieures.

En ceci les proactivistes (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) voulurent proposer une explication au moins égale à celles qui se sont créées instantanément au tout début de la modification anthropologique (lorsque les grecs, les chrétiens affrontent la rupture intégrale qui brise les mondes particuliers pour le monde unique universel et l’apparition de la structure du mécanisme de conscience brut, ils inventent l’articulation au plus instantané contact avec cette structure), les proactivistes, donc, investissent sauvagement le donné là, réfrénant par devers eux le mécanisme d’altérité intégrale, mais qui bascule et se retrouve dans le monde même ; entrainés par le principe du réalisme généralisé (qui veut que le donné explique le donné et que du monde rien ne dépasse, rendant le monde réalisé certes, mais étouffant jusque dans le corps intentionnel de chacun, et les mirages, les fantasmes, les idéalités produites par mais aussi pour le moi, qu’il maintienne son « équilibre » entre la réalité et le réel), les proactivistes veulent croire que l’Etre est dans le monde relevé par le langage, que la volonté est la typologie de son approbation ou renoncement, que l’historicité est l’action du pour soi ou que l’inconscient pense à notre place.

Toutes ces altérisations du donné-là mènent grand bruit, et ouvrent quantité de possibilités ; rien ne doit jamais être refusé ou banni de la pensée qui s’articule (absolument rien, aucune position ou attitude à l’intérieur de chaque position) ; mais ne pas réintégrer ces altérités dans le Un originel, ces figurations dans les configurations, serait une faute majeure, une erreur nous jetant dans l’incompréhensibilité. C’est la structure même qu’il faut affronter et extraire, isoler, en définir la circonférence.

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