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instants philosophie

La racine antérieure ; grecque et christique

6 Février 2016, 09:10am

Publié par pascal doyelle

Retournement du monde et renouvellement du corps.

Jusqu’alors chaque monde humain développait son intuition nourrie de tout le donné là à sa disposition ; son immédiateté ; entrait également dans cette immédiateté sa propre expérience de lui-même ; son groupe, son langage, ses échanges, son histoire ou sa mythologie, par laquelle il se re-présentait à sa vue et à son intellect, etc.

Il se décide autour de la méditerranée de se substituer à ce système « collectif » (difficile d’appliquer rétrospectivement un terme qui n’eut de sens que plus tard), ou holiste ou de communauté ou de Parole, de pensée, de parole, d’organisation du monde et du vécu (ensemble), et décidé qu’il était possible de sortir un élément qui puisse valoir en et par lui-même ; qui se nomme de lui-même donc la pensée, et ce à strictement parler ;

pour distinguer ce processus de toutes les pensées qu’il y eut sans aucun doute ailleurs et qui se différencie de ceci ; au lieu de situer l’absolu au-delà, par une révélation, la pensée, autour de la méditerranée, situe l’absolu ici même pour les grecs, et ici et maintenant pour le christique, et se formule ainsi d’après une logique du Un ; le Un, comme son nom l’indique, est entièrement ici, et pas ailleurs ou si il est aussi ailleurs de toute manière on n’en sait rien dans l’actualité, outre que si le Un est ailleurs en plus d’être ici, le Un qui est ici doit être complet, quel les que soient ses prolongations par-dessus ; donc même si il est ailleurs, le ici qu’il manifeste ou qui le manifeste, le présente pleinement, reste à savoir d’une part si il existe, et à comprendre d’autre part comment il existe.

C’est ce à quoi s’usent les grecs et la pensée antique, comprendre l’actualisation de ce qui, forcément (étant Un et à disposition), déjà toujours Actualité (pure, totale, éternelle, pleine de toutes les réalités et tous les êtres et ce distinctivement, puisque le Un outre qu’il est absolument effectivement ici même, est également intégralement distinctif, et promeut toutes les différenciations et de plus oblige à penser complètement, de sorte qu’aucun élément ne soit omis et que tous les éléments soient convoqués, d’où le systématisme nécessaire qui permet d’exprimer intégralement la conscience que l’on en prend et donc toute-la-conscience que l’on est, supposé, être).

Cette pensée qui apparait est aussi le christique qui surgit comme un diable et impose unilatéralement sa persuasion totale, complète ; à savoir ; que tout un, toute conscience vaut également toute autre et il n’est aucune différence entre deux consciences, excepté une seule, celle du christ, qui, pourtant, est exceptée parce que c’est par celle-là que toutes les autres sont égales ; et qui sont égales et donc parfaites ; la question de cette perfection est très précisément ce que la conversion réclamée exige et ce par quoi on en est pardonné totalement, de fait, et c’est en cette impossibilité même que l’on est parfaitement cet arc de conscience que l’on est… de même la crucifixion du Corps est absolument fondamentale ; c’est par cette mort intérieure que parait l’interne structure qui explose tout contenu et permet à chacun de se renouveler incessamment (sous condition de se convertir constamment, la structure étant non épuisable, et en attendant Descartes et la suspension ontologique de toute conscience de (soi), et il s’engendrera alors quantité de sujets impossibles et non plus un-seul).

Retournement du monde et renouvellement du corps

Pour cela on doit dire que les grecs se retournement sur notre être et l’exposent dans toutes ses intentionnalisations (idées et systèmes d’idées) possibles ; penser comme les grecs c’est démultiplier l’intentionnalisation à partir du langage commun, et imposant à ce langage une expérience qui est la perception donnée-là-actuellement, pour chacun, qui s’ouvre ainsi à la différenciation de tout et dans tous les sens ; la pensée s’offre donc comme l’ouverture de tout l’ensemble des intentionnalisations, soit comme une exploration de toutes les consciences prises possibles à propos du monde donné « là » (le « là » étant dénommé originellement comme étant l’être, et les systèmes comme des variations à partir de ce Point).

De même le christ s’impose comme le seul Point effectivement Existant ; et ça n’est pas un hasard, rien n’est au hasard, parce que l’on est dans les deux cas, sur le Bord du monde, de la réalité ; on ne peut pas remonter antérieurement parce que ce Bord est la limite interne de tout cet externe qu’est le monde, donné là (le Bord est le « là » du donné là, et s’engager par le « là », grec ou christique, c’est embarquer le donné lui-même ; la position du « là » crée qu’il y ait un « monde » et un « corps »).

Rien n’est au hasard puisque l’on existe à partir de la méditerranée sur le Bord du monde et que le dos au mur on ne peut que « déduire logiquement l’exister » ; l’exister pur et brut ; par déduire logiquement il ne s’agit pas, encore, déjà, d’une logique mais on a sorti, extrait de tout monde humain clos, immédiat, le mécanisme de base qui se cachait dans le langage, le groupe, le monde particulier, à savoir l’arc de conscience ; qui se donne comme pensée pour les grecs (les variations intentionnalisatrices qui prennent forme de systèmes d’idées, idée étant rapport et rapport actuel) et comme individué, réflexivement Existant, pour le christique ; le christique fait des petits ; des quantités astronomiques de petits, il est la lumière (le chemin, la vérité et la vie) de toutes les structures de sujet qui suivront ; il en marque l’exigence, et ne crée pas une « morale » qui est une caricature de la position radicale et ontologique, de cette dimension littérale du réel dans un renouvellement constant, tout comme les grecs sont le retournement, à tous les sens, du monde donné là.

Il est une seule pensée et un seul christique (on ne prend pas position de croyance ici, chacun la sienne, mais de l’importance ontologique d’une découverte, invention, création, ou révélation si on admet le divin, ce qui n’est pas du tout notre problème, le notre est l’invention de ces technologies « mentales » sur- et hyper-actives) parce qu’il est une seule structure, posée une par une, qu’est chaque une-conscience ; ce qui n’enlève absolument rien de son unicité (l’unicité de chaque arc de conscience est beaucoup plus creusé encore que de seulement dépendre d’un composé d’éléments du monde ; les éléments d’une vie passent, mais l’arc demeure) ; toutes parfaitement identiques et toutes séparées ; ce qui est une folie absurde et radicale, et permet d’envisager le sens même de ce qui est tel que cela est ; ce qui veut dire comme pur Exister ; interroge très étrangement, bizarrement la nature de « ce qui est », de « ce qui existe réellement » ; littéralement il n’existe que des points de conscience une par une et ce dans l’unique point du réel.

Le surgissement des grecs et du christique (mais donc de toute la méditerranée, en toutes ses écoles et ses sectes, ses gnoses et ses « expériences » sidérantes, ses institutions et ses sociétés, romaines, juives, ses monothéismes et ses historicités réalistes, ses esthétiques et ses récits toujours recentrés dans le monde ici même et l’arc de conscience de notre exister dans un tel monde déchainé, aux multiples mélanges rendant tout groupe fermé impossible) bouleverse intégralement en ceci que la racine est atteinte et qu’en-deçà de cette source il n’est rien ; on a atteint l’antériorité, ontologique, qui précède toutes les réalités.

Et ce non seulement comme activisme de chaque conscience mais de fait, dans l’hyper supra objectivité qu’ici même et maintenant il est un présent absolument actif qui engendre ; de là que l’acte de conscience de (soi) comme conscience (sans rien, comme forme et structure) engendre tous les systèmes (et esthétiques, éthiques, politiques, idéels, connaissances et savoir de sa forme transcendantale, explorée cent fois de Platon à Lacan, épouillant son être comme exister qui se-sait), de là, donc, que l’acte de conscience introduit tout moi à son sujet structurel (impossible et justement pour cela sujet, sinon il n’aurait pas lieu ; que ce sujet soit la pensée (qui vient augmenter considérablement la différenciation du monde donné là), le christique (et de chacun pris un par un et « sauvé », extirpé, d’un Point au-delà de la naissance-mort), le sujet (toujours régulièrement cartésien), et Autre (la réflexivité qui à partir du sujet acquis se permet de percevoir l’étrangeté du donné « là », nietzschéen ou heideggérien ou sartrien ou lacanien).

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