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instants philosophie

Le gel de l’histoire et du monde

20 Mars 2016, 17:51pm

Publié par pascal doyelle

C’est simple, ils ont assemblé pièce à pièce le paysage du monde de telle sorte qu’ils puissent, nous ayant poussés dans les derniers retranchements, agir comme bon leur semble ; décider de la guerre économique, de la guerre tout court, des mesures et des contraintes sociétales et sociales, de telle manière que tout l’ensemble s’appesantisse sur le dos de chacun et que nous ayant enfermés dans la prison de fer noir nous n’apercevions plus aucun avenir.

Et ceci alors même que nos inventions et notre productivité était décuplée comme jamais et que pour le dire l’ensemble de tous les existants auraient pu, auraient du en profiter ; nous en possédions largement les moyens. Mais l’immense machinerie scientifique, technologique, constitutionnelle et l’immense acculturation ont été pliées en une réduction de la focale, de la perception même ; on ne perçoit même plus ce qui aurait pu, aurait du être.

Contraint dans l’impasse historique, on a aboutit ainsi à l’impossibilité de l’histoire ; à la réduction du monde à une platitude, une bassesse, une mesquinerie généralisée. Le monde est plat parce qu’il s’est borné patiemment à un diamètre pré-galiléen.

Ce mouvement de rétrogradation, de rétropédalage n’a fait que suivre sa logique de base ; que le donné explique le donné, qu’il n’existe que la nature donnée telle et la nature humaine invariable, et l’histoire s’est figée, gelée, depuis la seule et unique révolution, qui eut lieu partout, sans admettre que cette révolution devait se continuer, se réfléchir et devenir, qu’en somme la démocratie nous ne savons pas encore ce que c’est et qu’elle doit se penser elle-même et non répéter cycliquement le réalisme de base. La révolution est une structure et non un monde donné là déterminé. Et cette structure s’est prise, s’est identifié à un état déterminé de sa réalisation ; elle s’y est paralysée, piégée.

La question est ; pour que la structure se continue doit-elle se reprendre elle-même ou doit-elle se trouver comme monde, comme corps, comme épaisseur, en et au travers des déterminations ? Les deux. Il n’y a pas de (encore) de pensée sur la réflexivité même ; est absurde de confondre l’être de l’homme (qui n’est pas un être mais un exister) avec son donné naturel ou confondre l’arc de conscience avec le conscient ou confondre la structure avec la réflexion avec la réflexivité, soit donc le discours universitaire humaniste et universel avec la pensée, l’esthétique, l’éthique, le politique, la plus grande déviation étant le discours économique relatif à spécialement une pratique, auto prédictif, cad idéologique).

Mais de plus il est supposé ici que malgré tout, au travers des déterminations (dans la représentation et la mass et puis micro médiatisation se crée une mass et micro médiation, cad une pensée. Une pensée représentative par laquelle l’humain se juge, se creuse, s’approfondit tout autant que le même système de représentation est manipulé, réactionnaire, recyclique, pour ainsi dire, du même réalisme naturaliste, humanistement fade. (enfin rendu au final tout à fait fade voir ridicule et vomitif, mais il ne faut pas négliger le processus historique qui a voulu, quand même, « imposer » ou « formater » les humains afin que, plus ou moins, il puisse se déployer une humanisation véritable ; autrement dit depuis la révolution il y eut la nécessité de trouver les représentations générales en lesquelles chacun puisse à peu près se situer et communiquer et agir selon une morale, une politique, une citoyenneté, etc ; les faits historiques sont à plusieurs tranchants, même si par ailleurs cette même capacité fut déviée plus ou moins encore, selon tels ou tels pouvoirs).

Il y a lieu donc d’accuser une engeance de pouvoirs qui coagulent et figent l’historicité, qui orientent et créent non seulement le monde tel quel mais qui pré-conditionnent et prédisposent ses éléments afin que pour quiconque il n’y ait plus d’avenir, plus de temps mais uniquement un monde plat et orienté ; or cette orientation répétitive du monde est accaparée par les pouvoirs (tous les pouvoirs, les centres de décisions, de toute espèce) mais qui, encore une fois, en même temps créent et inventent (des technologies, des possibilités, des manières de vivre, etc, et les rendent possibles) mais aussi les figent et ça n’est pas tant cette profusion du monde inventé que la main mise sur le possible ; sur l’avenir de l’investissement ; autrement dit il y eut et il y a de plus en plus des concentrations totalement exclusives qui accaparent l’argent et donc les investissements et donc l’avenir ; ces concentrations décident abusivement pour tous ;

et le problème outre cette déchéance de démocratie (d’une révolution qui ne s’est pas réfléchie structurellement), est que c’est un système reposant sur une idéologie (mais non pas au sens péjoratif) dite, ici, réaliste humaniste universaliste et dont la vérité n’est ni l’humanisme ni l’universalisme, mais le naturalisme ; lorsque l’on veut réaliser l’universel (qui est une révolution dans l’humanisation, qui n’en passe plus par le groupe et donc le groupe comme vérité, mais le chacun pour soi comme cette fois réalité, prenant le pas sur la Vérité et engendrant quantités de vérités à partir d’un réel ; le libre même, l’invention, la création, le corps de chacun) et si l’on veut continuer cette universalité, on aboutira à la raison…

mais la raison renvoie, elle, à la nature du donné là, et rien de plus ; et si l’on ne comprend pas que « liberté » existe en et pour soi comme royaume, règne, dimension, hors du monde donné là et que cela seul ex-siste (tandis que tout le reste "est") alors « liberté » est uniquement synonyme de « fonction extérieure de besoins et de désirs », toutes choses qui retournent au monde et en aucun cas ne seront susceptibles de créer du structurel ; à savoir que la liberté, recherchée pour elle seule et elle-même, devrait être le soucis constant, continuel, continué, reprenant toutes ses opérations d’extensivité grecque, d’intensivité christique, de réflexivité ontologique cartésienne et suivants, et d’altérité fondamentale ; ou si l’on préfère ; on retrouvera alors chacun des mois acharné à s’angoisser ou à s’entredévorés, là où chacun des mois es, pourtant, en capacité de sujet impossible tout à fait réel et assuré de soi (comme impossibilité ; ce qui veut dire comme assumant que de satisfaction jamais il n’en existera, alors que le moi s’entretient dans sa consommation du monde, des autres, de soi , de son corps, des substances, des imageries et imaginaires, à qui mieux-mieux, dans l’idéal ou plutôt dans le principe d’une satisfaction supposée, ayant sa place naturalistement dans le monde ; on n’est pas au monde naturellement en aucune manière, on est autre).

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