Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

Délimiter le miroir

2 Juillet 2016, 09:01am

Publié par pascal doyelle

On a cru que d’intentionnaliser aboutissait à proposer un sens, un contenu dans lequel on pouvait percevoir ou connaitre, que le miroir avait pour but de composer une image, et que l’adéquation de cette image sauverait ou rendrait compte du miroir. Mais il n’est aucune image qui soit équivalente au miroir lui-même ; le miroir est le début et la fin. Les images sont donc des moyens du miroir. C’est lorsque le miroir s’est entrevu (autour de la méditerranée, Moyen-Orient compris, monothéismes, et par les grecs, mais cela n'annule pas les autres pensées des autres civilisations, c'est une autre voie qui fut créée par la méditerranée, au choix de chacun), qu’il a commencé de produire des images compliquées et surtout actuelles, ayant pour finalité de s’objectiver lui-même, qu’il est entré dans sa considération retorse ; que le miroir a soupçonné qu’il devait, lui, se montrer ; mais l’opération aussi complexe puisse-t-elle être rendue, est impossible et il n’est de considération du miroir que l’arc qu’il va produire, exposer, exhiber à ses propres yeux.

Si c’est le miroir qui est en jeu, il cesse d’être une fonction, fonction d’autre chose que lui-même ; il n’est plus faire-valoir des contenus ; en fait en ce cas les contenus sont constitutivement marqués et composés par et dans le miroir en tant qu’il se sait et veut un objet structuré ; et non plus seulement un objet représenté, une représentation du monde, mais un objet localisé et délimité, ce qui annule qu’il y ait une description globale, un monde commun, un groupe dans sa parole commune, qui donc annule une globalité et installe une localité et donc encore se pense lui-même comme unité ou certitude, vide et formelle, des localisations ; promeut une théorie ou mieux une pensée de sa dimension vide, de sa structure, qui devient le système formel, sans contenu spécial, sans un Tout, avec uniquement le Un, comme formel ; c’est en ceci que les universalités et l’universel lui-même sont des procédés, sont « l’universalisation » comme activité qui fournit des contenus, lesquels ne sont compréhensibles que si le miroir lui-même s’est structuré ; il n’y a pas de « science » ou de « droit » ou de « culture » sans la structuration, la forme du miroir ; c’est elle qui permît ces universalisations ; "où se situe ce miroir ?" est la question et ce en quoi le réel travaille ; lorsque le réel travaille ensuite, mais ensuite seulement, on recherche les réalités ; si l’activité de conscience ne sait pas qu’elle est activité de conscience (mais si elle croit qu’elle manifeste une Vérité), elle ne pourra pas se mettre en œuvre (comme conscience structurelle actuelle) ; et si elle se sait comme activité elle doit installer sa propre dimension et se motiver à être (transformant le Un au-delà en un actuel et activiste comme monde, comme corps).

Peut-être a-t-il même espéré que l’Un-plus-que-quiconque soit en mesure de tenir le regard ; le christ (ou quiconque du même ordre suréminent) ; en lui et par lui, par son regard, sa conscience, il devait accélérer toutes et chaque conscience ; toutes parce que unes, chacune, une par une ; en quoi on comprend aussitôt comme nous sommes alors dans une autre sorte de logique ; on ne peut pas ne pas être une conscience par une conscience et pourtant cette unicité est absolument partagée ; or ceci consiste également, on le sait, par le Corps de cette autre-conscience unique et exclusive ; le corps du christ, c’est connu. L’un-seul et unique corps, qui assume tout le vécu, de la naissance à la mort et projette tout arc structurel d’un seul point de vue absolument externe.

Si nous pouvons nous réfugier dans tel ou tel contenu ou identité (un monde humain en un groupe et un langage, une vérité, une représentation du monde qui serait la parole échangée, et constitutive de telle monde, en lequel il faut être né, littéralement, pour le comprendre-ressentir), par contre à partir des grecs, de la méditerranée et du christique, et, n’ayant plus de monde clos, grecs, monothéismes, gnoses, christique, l’aventure occidentalisée poursuivant l’ouvrage, s’emploient à nous détourer l’être, la structure, le « ce qui existe en-dessous » ; en-dessous du langage, du groupe humain, et ça n'est plus telle ou telle image, mais le miroir formel.

Il s’agit de faire passer le miroir au-devant et non plus les images, mais nous ne disposons que des images. Toute image sera ainsi composée en vue de laisser transparaitre le miroir ; mais il ne peut pas prendre place dans l’image ; il faudra que chaque arc structurel prenne sur lui d’instancier le miroir lui-même tel qu’il le peut ; d’instancier le miroir dans le miroir ; c’est cette tension qui est instaurée. C’est cette tension qui est le réel effectif qui eut lieu (et qui autour de la méditerranée au lieu de se situer au-delà est voulu ici-même ; ce qui signifie que tout est intégralement réalisé, ici et maintenant et non pas renvoyé à un achèvement sur-réel ; ou donc le réel est parfait, bien que nous ne sachions pas en quelle manière et qu'il soit apparemment singulièrement inhumain, hors humain, hors sens) ; voulu ici-même au début soit comme monde grec, soit comme corps christique. Comme c’est ici que le déclenchement fut voulu, aucun élément n’échappe au réel ; le Bien platonicien ou le christ de toutes-chacune des consciences ne sont pas un autre réel mais ce réel même qui se rencontre, qui se délimite (c’est ensuite que l’on a transformé Platon ou le christique comme si ils montraient un arrière monde, alors qu’ils ont explosé, littéralement, celui-ci ; c’est que les penseurs du doute, nommés ici les pensées de l’altérité, prennent appui sur le réel comme Platon ou le christ, mais comme nous nous sommes avancés en ce réel, et que toute notre historicité est une révolution continuée, Platon abolissait les pré socratiques, la pensée chrétienne remodelait la pensée antique, Descartes contre la scolastique, Kant contre toute la philosophie, etc, de même Nietzsche, Heidegger , qui sont plus subtils ; mais tous reprennent une pensée qui-eut-lieu, jadis, quelque part, et ils ne sont pas les seuls et creusent à nouveau plus loin dans l'épaisseur impossible du fil du réel, du Bord du monde).

Au fur et à mesure de l’avancée, le réel est ce qui se découpe ; peu importe les systèmes et les vérités, ou plutôt elles sont secondes ou plus essentiellement sont les images, de plus en plus adéquates à la réalité, et délimitant le miroir approchant ; et adéquates à la réalité de plus en plus puisque le miroir ne projette pas un autre miroir au-delà, mais se saisit du miroir ici même dans le monde, et donc déracine toutes les réalités et ce à partir du plan réel, étant donné que le miroir posé sur le plan du réel se tient antérieurement à ces réalités.

Le miroir posé à même le sol, le vrai sol réel (et aussi le vrai corps, qui viendra peu à peu, qui d’une disposition « morale », christique (qui n’est pas du tout morale en sa structure, qui est tout à fait autre chose et autrement)), ce miroir en se cherchant dans des images, de nouvelles images, à chaque fois renouvelées, commence d’arracher les essences de la réalité ; il s’instruit comme machines intentionnalisatrices à partir de la structure-une activée dont il est également la pensée (c'est même la définition spécifique de la pensée, réflexive dont découle la réflexion sur le donné, réflexivité et réflexion s'instruisant comme là du donné et donné là, être et monde, ou comme ici exister et être) ; les systèmes, qui visent à créer des intentionnalités neuves, qui sont hors du langage commun, cad hors du langage tout court, qui exploitent ce langage et en tirent de surprenantes différences, de nouvelles perceptions et qui instrumentent ce langage pour décrire l’expérimentation même qu’il existe un miroir, qui vaut en soi, qui existe séparément, qui dispose, évidemment, de sa propre dimension, et qu’elle se prend cette dimension, non à tort mais pas au sens qu’elle va décrire par les systèmes, qu’elle se prend pour « la dimension-même ».

Il y eut de créer une dimension en propre et c’est elle le sujet, le sujet actif de la pensée ; la pensée ne se définit pas par ses concepts mais en ceci que les concepts sont des rapports et que antérieurement il faut tenir le plus grand rapport inscriptible sur le sol réel ; le concept au sens de la pensée contient le rapport qui est exposé, le rapport du miroir quant à sa position sur le sol. Son orientation, ou désorientation ; car de même que le christique n’est pas une morale mais bien plus, de même la positon du miroir peut tout à fait assumer une désorientation ; ça n’est pas le bien et le mal, le vrai et le faux, mais comme d’une part ça crée la position en même temps qu’elle est décrite (la description est une avancée sur le fil du réel) et que d’autre part la dimension du miroir est antérieure au monde, au corps, au groupe, au moi, c’est autre chose que le bien et mal, le vrai et le faux ; non que ce soit le mal plutôt que le bien ou quelque inversion du même genre, mais ça crée une autre typologie et cette autre typologie c’est celle qui est déjà pensée … déjà abordée, arrimée par la pensée philosophique ; elle se dessine par Plotin ou Descartes ou Kant ou Hegel ( ici cela se précise soudainement, Hegel est excessivement Autre) et évidemment par les pensées de l’altérité (qui commencent très rapidement avec Stirner, par ex, Marx , et puis Nietzsche et Heidegger, pour les plus étranges, cad les plus exogènes, celles qui recherchent l’autre sorte de « logique », de morale, de pratique (et c’est pourquoi Kant insiste à partir du pratique qu’il tende de définir séparément, et du corps, un nouveau corps même, une autre surface réelle).

Le plus important est donc qu’il faut lire Plotin ou Descartes comme étrangement fagotés, semblables à Nietzsche ou Lacan ; ils voient selon la dimension externe et se connaissent comme dimension interne de cet externalité qu’est le réel ; ils perçoivent le repli et que le repli est constitutif du réel, et que dans ce repli il y a des réalités, lesquelles seront, éventuellement, pensées par la raison intellective et ensuite calculées par cette formulation spéciale des sciences ; mais tout cela n’existe que dans et par le repli constitutif. Soit donc le bord du miroir.

Ainsi on admet dans la réflexivité le bord du miroir qui délimite la surface de la réalité, et plus précisément ce par quoi on connait les réalités, cad les images, pensées ou calculées, mais aussi esthétiques et éthiques (de ces étranges éthiques que nous avons depuis 25 siècles dépliées) ; mais on ignore absolument la nature même du miroir ; on ne sait pas du tout à quoi correspond qu’il y ait un miroir ; mais la technologie philosophique a permis de remonter le long d’un bord ; de le décrire ; de longer le bord, par le troisième œil pour ainsi dire ; cad en fait aussi par le corps, par tout le corps, une autre sorte de corps ; position sur le sol du corps comme il est orienté ou désorienté. On peut supposer ou imaginer ce que l’on veut de la nature de ce miroir (âme, esprit, spiritualités, mystiques, ou moi destinal, etc), mais la philosophie s’intercale entre ces suppositions et le donné là, et ce par le "là" du donné ; elle ne tombe pas dans le monde (qui sera calculé par les sciences, localisations par localisations, qui ne formeront jamais un tout et qui seront alignées par un sujet, le sujet abstrait de la science, celui cartésien mais annulé, disparu, suspendu, dont la dimension n’est plus même évoquée, prétendument, et qui reviendra de partout, puisqu'il est originel) et ne s’élève pas au-delà ; elle est juste la limite et expose celle-ci ; et la philosophie ne peut pas faire autrement (ce qui explique qu’évoquant dieu ou l’esprit, etc, elle utilise dieu ou l’esprit et doit rendre compte de cette utilisation ; elle dit « dieu est l’infini » par ex ou « l’esprit est sujet ») ; la constitution philosophique étant que tout élément doit être situé ici même.

La redéfinition de la pensée par l’objectivisme consistant à croire que la seule acception de l’ici même est jugulé par la scientificité ; il est clair que hors de la science même toute prescription de cette sorte, outre la consistance réelle et avérée de son opérativité sur son objet localisé, que nul ne songe à remettre en question, est en partie un choix, tout à fait légitime (à condition qu’il se présente comme choix et explicite dès l’avant qu’il se tient hors du champ de la réflexivité pour adopter la réflexion seule) et en partie une idéologie (il n’y a pas de sujet, pas d’universel réel historique juste un universel général, naturaliste, raisonnant, etc, en quelque sorte figé et fixe, la réflexivité n’existe pas et n’est que la réflexion, le donné expliquant le donné) ; l’ici même, interprété par l’objectivisme, entend calquer la pensée sur la raison, et la raison à l’image de la science ; auquel cas le miroir cesse tout simplement de se poser au-devant de lui-même, sous prétexte qu’il est impossible ; ce qui est vrai, il est impossible, mais ça ne l’empêche pas et spécifiquement ne l’empêche pas d’avoir des effets, considérables.

Il est tenu, ici, que la technologie du miroir est justement ce qui certes constitue l’objet même de la philosophie (depuis le début, depuis que l’on a décidé d’amener ici même le réel et non plus de le supposer, imaginer, penser, visualiser ailleurs et au-delà et que cette volonté de ce fait s’articule différemment au donné là et au là du donné), mais que ce miroir venant au-devant de la scène, est aussi toute la réflexivité ; des esthétiques éthiques, politiques, idéels (connaissance, l’homme comme savoir, puis comme science, etc), des humanisations « humanistes » et de la personnalisation (comme nouveau régime de devenir de la réflexivité à l’intérieur de la réflexivité qu’est l’humanisation depuis la révolution) ; que l’articulation passe « au-devant », commence de la structurer elle-même ; autrement dit en réfléchissant cet-être (qui est intégralement réflexivité, le réel étant non stable, cad présent absolument d'exister) la dite réflexivité de cet-être devient, le fil du réel se déplie et se plie et se replie en tous sens, en toutes ses directions, perchées sur le bord, des orientations et désorientations possibles.

Commenter cet article