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instants philosophie

L’activisme du réel

9 Juillet 2016, 19:15pm

Publié par pascal doyelle

Il est très clair que malgré son effort principiel, malgré la structure stricte de son opération, la philosophie s’est pris les pieds dans le tapis, très continuellement, elle a cru ce qu’elle disait, plus ou moins ; peu importe en un sens puisque la forme active de la pensée, qui veut saisir ici même, ici et maintenant tous les éléments, constater le réel effectivement réel, même lorsqu’elle s’embarque pour tel out el rêve ou imagination ou supposition ou conclusion, la forme même de la pensée ramène au réel donné là ; on ne peut rien énoncer sans que cela soit activement constaté ; et par énoncer il faut comprendre « mettre en jeu dans le circuit intentionnel » et par constaté « qui soit effectivement positionnable par une quelconque conscience », positionnable à la surface du réel.

La question est donc ; qu’est-ce qui est situable sur le réel comme surface ? Étant entendu que la surface signifie « tout ce qui est effectivement là », au-devant. Et interrogeant ainsi la structure de cette surface comme présent.

Sur cette surface se dresse la verticalité ; il est un Bord du monde, du donné là, et il consiste en ce « là » du donné ; le bord le plus accessible est l’arc de conscience lui-même qui crée se décalage (entre l’acte de conscience et tous les contenus, par quoi nous ne sommes pas, de toute évidence, ce dont nous avons conscience, ni ce corps, ni cette humanité, ni cette pensée, etc, bref par quoi nous ne sommes rien de ce qui est, introduisant ainsi une distinction entre l’être, le donné là, et l’exister, le « là » du donné), le bord le plus éloigné est en vérité encore plus proche bien qu’extrême et ce bord est le présent ; le présent est traduction d’un fait plus instantané encore ; l’exister. Chaque point d’exister est parfaitement l’unique forme de réel. Que cet exister soit la borne ultime n’est pas indifférent ; le présent use les mondes et tout ce qui s’y trouve.

Qu’il soit le fait-même signifie que l’exister est antérieurement à toutes les réalités ; que ces réalités ne forment pas un tout, les réalités étant constamment brisées par le réel, ce qui se traduit par ; les réalités sont la mémorisation de l’activisme du présent ; et que la certitude du réel est assumé par le seul fait d’exister.

Ou donc l’exister est un activisme ; le présent n’est pas le résultat d’une activité, le présent est l’activité. Tout ce qui est, est un activisme absolu, cad radical ; à la racine. Ou encore ; ce qui est, est non pas seulement l’être, mais l’exister ; l’être se double d’un exister parce que l’exister est-avant l’être ; la forme avant le contenu ; de même tous les contenus de conscience sont seconds et installés par la forme de conscience.

Il n’est ainsi pas de sens, parce que sens est ici ; il ne va nulle part, il est lui-même « là où cela conduit ». Et pareillement le présent est l’activisme et en lui-même retour-vers-lui-même ; ce retour vers lui-même n’est en rien centralisé puisque le Un n’est rien, il disperse instantanément toutes les réalités, telles qu’elles sont ; il ne fonde pas une unité totale, ni n’avance vers une réconciliation ; la forme même de la manifestation est la dispersion, qui est constitutive du manifesté ; ceci lui confère son incroyable dureté, brutalité, voire sauvagerie ; le Un est ce qui fonde l’altérité la plus distinctive ; ce qui est distinct seul est l’altérité accomplie (rien de plus autre que « soi » que ce qui se distingue considérablement et de plus en plus des autres), et l’altérité veut dire « qui est le réel même », ce sans quoi il n’y a pas de réel.

Il apparait de la sorte qu’il est impossible de se réfugier où que ce soit ; si la forme est l’exister lui-même, qu’il est parfaitement formel, vide, sans rien, il est agissement intégral ; il est une transcendance mais elle est le Bord de tous les mondes (sans que l’on sache ni ce qu’est le Bord, où il avance, ni ce que sont les mondes, nous ne connaissons approximativement que celui-ci ) ; or cependant depuis que l’on a tourné le regard vers ce qui crée les contenus de conscience, on a remonté le long de cette limitation (qui est structurellement limitative, sinon elle ne serait pas ; la limitation n’est pas un défaut mais constituante de la structure ouverte ; la séparation, la division, la scission, le décalage exister-être, conscience-contenus est structurelle ; il n’est aucune unité ; ce qui fît « sens » dans l’occidentalisation ce furent des procédés qui permirent de creuser, de splitter, de découper plus avant encore ; le Un, dieu et le christ, le sujet, l’altérité s’utilisent afin d’analyser plus loin et plus strictement au fur et à mesure ; et tout l’ensemble n’est en aucune manière décomposition mais augmentation de distinctions. Il n’est aucune unité parce que l’unité est formelle.

Vouloir retrouver dans une unité de sens, une unité de contenus la forme seule activiste c’est tomber à nouveau dans le monde, le donné, le corps, le contenu ; il n’est aucune partie qui contienne le tout, et le tout lui-même n’est pas ; il n’existe que la forme qui poursuit les distinctions, mais la forme existe ; elle est douée comme dimension propre et sa description est toute la réflexivité instanciée depuis la méditerranée (et sous une autre forme en d’autres civilisations, qui voulurent être saisies de la forme au-delà du donné, supposer le décalage comme Autre ailleurs) ; le retour du regard sur le regard lui-même puisqu’il s’agit d’entrer dans la division radicale, travaille à même toutes les réalités (engendrant la réflexion) mais aussi élaborant et découvrant le réel pur et brut (la réflexivité) et découvrant comme le réel est en lui-même réflexivité par et dans le présent, puisque le présent est originellement « l’exister même ».

Vouloir retrouver l’unité substantielle dans la forme est impossible ; la forme n’est pas autrement qu’activisme intrinsèque ; c’est dans et par l’activisme absolu (seul ce qui existe, ce qui se suspend formellement, est de l’ordre de la perfection absolue puisque non composé, la composition est une boucle à partir du Bord mais non pas le Bord lui-même) ; puisque la forme est le Bord, c’est « se tenir sur le bord » qui lance notre exister ; le bord distingue l’avant et l’après mais l’avant et l’après du bord sont au-devant , c’est en ceci que non stable le réel est réflexivité, relancement instantané continuel. Sur la pointe qu’est le présent est la pointe de l’arc de conscience.

Non pas le présent comme simple fait résultant, mais le présent, comme on a vu, en tant que tout est supporté par celui-ci. Le présent est le Un antérieur à toutes les réalités, d’une part, et à toutes les actualisations structurelles d’autre part ; il revient à cette structure fine et impossible et sans être, qui se tient de l’exister, comme verticalité antérieure à toutes les horizontalités, tous les mondes, de complexifier, élaborer, découvrir / inventer son architecture sans épaisseur ; c’est en ceci que le devenir structurel ne passe pas par les contenus, mais les traverse et les utilise ; ce qui doit se montrer c’est que chaque arc de conscience devienne selon la forme ; une œuvre demande que l’arc de conscience qui perçoit transperce l’œuvre nominalement déterminée ; elle est le mouvement de restructurer la conscience que perçoit. L’esthétique et le poétique sont des apprentissages/actualisation/invention de la structure de l’œil, du regard d’intentionnalisation ; on en retient, en sa structure d’attention, le pli.

Le pli qui permet à chaque arc d’éprouver, comme un corps, le réel comme réflexivité, retour-vers, retour incessant vers la suréminence ; la suréminence du Bord.

De l’ampleur esthétique et poétique on remarquera l’impossibilité et l’instanciation unique ; on mémorise effectivement le pli, que le réel se présente « là » comme re-pli instantané, mais c’est l’œuvre et uniquement le surgissement et l’apparaitre de l’œuvre qui crée en notre arc d’attention la structure invinciblement plus que complexe, retorse. L’œuvre effacée, il nous reste le mouvement et rien que le mouvement ; il faudra à nouveau retrouver l’œuvre pour relancer le processus de structure. Et l’impossibilité en ceci que le re-pli disparait dont on ne garde que le lancement interne de l’exister ; l’exister est le continuel départ de devenir(s) possible(s). Un départ qui aboutit cent mille fois, mais re-vient au Même instantané.

L’impossibilité de garder l’attention structurelle (en dehors de la présence de l’œuvre même) c’est tout l’effort invraisemblable qui pousse l’occidentalisation à délimiter ce réel-activiste. A mémoriser en des technologies spécifiques ce qui échappe parce qui existe est à la racine et ne peut se représenter dans le monde, non par manque mais par excès ; l’excès est à l’origine et ne passe pas dans la réalité, il est le réel des réalités et notre structure spécifique est adaptée absolument au réel ; si le donné de par le « là » a inventé un mécanisme d’arc de conscience, c’est à cette fin et pour cette finalité inconnue. Et occidentalisation qui parvient à repérer, marquer, suivre et poursuivre le réel activiste ; non seulement parce qu’il a développé des sciences, du droit, de l’Etat démocratique, une énorme acculturation généralisée et en plus exportée sur la planète, mais aussi parce que la même sorte d’attention spécifique a pu creuser et avancer dans la structure ; dans le Bord du monde, du corps, et de la réflexivité comme Bord effectivement réel.

Lorsque l’on cesse de re-créer l’arc structurel, le re-pli ; qui implique un retour extrêmement dur, difficile, très incompréhensible, puisque le pli lui-même nous projette vers l’avant, et que l’on aime se saisir-de, alors que le re-pli, qui est une adjonction reverse, est d’être saisi par une altérité ; la structure de conscience est Autre pour elle-même, contrairement à ce qui peut sembler tout à fait rationnel ; à savoir « que l’on se sache implique que l’on se connaisse » ; que le conscient soit égal à la conscience, dont on a dit qu’elle était une structure sauvage, très brutale ; en fait la réflexion qui explique le donné (raisonné) le donné (immédiat) n’est pas la réflexivité qui faisant retour-vers non pas notre réalité (humaine, naturelle, langagière, sociétale, etc, toutes choses valables), mais vers notre réel (la structure de conscience et sa dimension) ; et la réflexivité se heurte tout à fait objectivement (mais comme ça n’est plus un « objet » mais l’articulation qui rend possible des objets, y compris des objets de désirs en fait mais on voit alors que objets de désir, ils reviennent vers le sujet impossible, cad que les objets sont impossibles et occasions de « quelque plus grand qu’eux-mêmes ») se heurte à un mur (le structurel même, d’une part et le réel d’autre part), la réflexivité n’est pas sous condition d’utilisation …

C’est pour cela que l’œuvre seule nous donne le saisissement, qui n’existe qu’à telle ou telle soudaine occurrence ontologique qui du Bord du monde exhibe soudainement « de la réalité » de plein fouet, de l’apparaitre résolument autre ; du monde, du corps, du vécu, et puis fondamentalement du virtuel, de l’arc de conscience virtuel (selon le principe que le « là » du donné et du donné là, l’être, comme idée formelle, montre, fait-voir le monde, le vécu, que ce soit la pensée grecque ou le christique ou le sujet ou l’altérité) ; et engendre l’arc insoumis et autre, sauvage et externe en chacun, autorisant chacun a acquérir son interne élaboration de structure ; les estéhtiques et les poétiques sont toujours plus que la représentation de soi du monde grecque (Socrate est banni/suicidé et la philosophie comprend qu'il se présente dans l'esthétique plus que le donné là, qu'elle perçoit à partir du rond-point de la pensée, de la démultipicaiton intentionnalisatrice, qu'elle est un maelstrom du regard quiva lancer la perception dans la structuration, la pluarlité des esthétiques et poétiques), plus que chrétien (l’hérésie menace constamment) , plus que révolutionnaire, plus que représentation de quelque groupe et plus que simple expression de l'humanisme ou du moi. Et si la réflexivité est plus-que c’est que par elle le donné là revient à partir du « là » du donné, cad à partir du Bord. Mais ce Bord il faut l’acquérir en s’y soumettant.

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