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instants philosophie

Occidentalisation versus occident

4 Mars 2017, 13:07pm

Publié par pascal doyelle


Suréminence de la forme  sur les contenus. 
On s’est focalisé sur les réalités, et donc les réalisations humaines, les intentionnalisations, puisque l’arc de conscience et le présent prennent le Bord du monde, du même monde, et sont ce par quoi il est justement un monde (auparavant il n’existait que des mondes particuliers, cad la culturation humaine, comme langage et religion, etc, tandis que dorénavant il s’est imposé l’acculturation, globale, universelle, réelle d’un seul monde, d’une seule humanité, parce qu’il n’existe qu’une seule structure de conscience, quels que soient les contenus, par-dessus les langages et les mondes). Mais en vérité les hyper contenus sont utilisés par l’intentionnalisation, par la forme, afin de créer des distinctions et d’avancer dans la possibilité structurelle. 
Distinction de l’activisme, soit donc de créer des intentionnalisations en plus, qui soient des distinctions (des idées, des formes, des perceptions, des esthétiques, des politiques, etc), et créer des activismes soit donc le soulèvement de chaque arc de conscience ; c’est que si l’on veut que l’architecture du réel joue à plein, il faut que tout arc de conscience soit absolument distingué de la communauté d’une part et que de cette division absolue, cad formelle, il se crée une communauté puissance deux ; c’est le sens même de ce qui, selon le christique, était ciblé ; sauf que le christique ne considérait cette individualisation que selon l’imitation du christ, du Un seul et unique, valable pour tous, et n’imaginait pas que cette individualisation était en mesure d’avancer aussi loin et de se mener aussi durement ; les individus humains un par un déchainent l’hyper activisme potentiel, et doivent trouver en eux-mêmes et sans rien nier de leur individualisme, la capacité de liaison. 
En aucun cas la liaison de tous ne doit annuler, en aucun sens, la déliaison de chacun, formelle et donc absolue (seul le formel est absolu, n’étant pas composé) ; le christique crée la forme en laquelle certes selon le christianisme chacun se reconnait dans le christ et est reconnu par le Un-tout-seul et unique, mais ce faisant chacun est formellement taillé par et dans son individué hors champ, hors monde, hors vécu et hors corps. Plus rien ne peut nous contraindre (sinon le christique cad le principe de libération, de délimitation ; ici par ce corps s’arrête le monde, et la mort et la séparation selon les intérêts du monde, et le groupe humain, etc). 
Autant dire que cette liaison doit elle-même être travaillée et rendue complexe, d’une complexité telle que, apparemment, l’humanité n’y semble pas disposée, ou n’en est pas vraiment capable. Et par complexe on ne désigne pas une complexité de détermination mais une complexité de pli et de re-pli sur le Bord de la réalité, du monde, du vécu, du corps ; aussi les descriptions spécifiques doivent être dites ontologiques et ces descriptions c’est ce qui a cours depuis le début philosophique et jusqu’à Sartre et Lacan, qui avancent prodigieusement autour du pli réel (l’exister du présent) par le dépli individué et nous tirent hors du donné et de la représentation ; ils ne succombent pas au contenu ; et il n’est d’accès à cette logique de cette complexité spécifique que technologique ; toute représentation du Pli tombera dans le monde et du Pli on ne retiendra alors rien du tout, puisque la nature même du pli est technologique. Résidant dans la forme même. Il n’est aucun contenu de conscience qui soit la conscience et aucun conscient qui prenne l’arc de conscience qui culmine par l’inconscient, puisqu’arcbouté par le réel en re-tour vers le corps, la nouvelle surface jouissante du corps modifié, inaccessible (par quoi que ce soit du monde) et donc libre (relative à sa forme non possible, qui crée les possibilités). C’est pour cela que l’inconscient est qualifié par Lacan d’objectivité (en traduction) ; l’inconscient est dans le champ non possible de l’arc-dans-le-monde-via-un-corps.
Ce qui veut dire dans la distance qui se crée de soi à « soi ». Ce décalage c’est uniquement l’arc de conscience, chacun, chaque Un, qui le supporte ; c’est inscrire la distance dans le « soi » de chacun qui est ainsi littéralement la finalité de structure du christique. Lequel certes ne crée pas l’universel (grec) mais crée l’autre part de cette réflexivité ; raison pour laquelle le christique reprend intégralement et porte plus loin la réflexivité grecque ; retournement grec du monde, renouvellement intense christique. Suréminence de la forme qui parvient ainsi à se désigner, à se signifier, au travers de cette invention de re-présentation qui incruste l’arc dans l’activisme de conscience de chaque un. Dans tous les cas relativité des contenus, de la représentation, de l’image, relativité en une structure qui n’est pas relative. 
Jusqu’à la formation de l’humanisation, l’invention de la personnalisation en cette humanisation, le système de médiatisation se transformant en médiation ; de la formalisation de l’humain en appropriation via les images, appropriation qui équivaut à une désappropriation ; et qui se heurte à l’impossibilité de figurer l’arc et donc à la nécessité de causer sa possibilité en chacun ; il n’est aucun autre moyen que de susciter le surgissement de l’arc ; aucune formulation ni représentation ne peuvent se substituer à l’acquisition par creusement de chaque un par lui-même ; l’évidement de l’humain auquel on peut assister doit ou devrait produire le décalage en et par chacun par lui seul. Littéralement seul.
On ne peut pas causer directement l’articulation d’un arc de conscience ; il doit se causer lui-même (puisqu’il échappe aux causes du monde). Et ce que chacun doit mettre en œuvre bouleverse absolument, cad formellement, toute conscience possible (dans le monde, le vécu ou le corps). 
Or dans le même temps, de par sa proximité (in-finie, ce qui veut dire d’une autre dimension que la détermination) de l’arc de conscience dans son moi, toute intentionnalisation est passionnément convaincue de non plus sa vérité seulement mais de sa réalité ; cela veut dire que l’on croit réel ce que l’on désire, décide, image et imagine et que l’on croit totalement être le moi que l’on est. Ce qui est absurde ; il n’est aucun arc de conscience qui soit le moi que, pourtant, par ailleurs, il est. Et il est vrai et réel, à la fois, qu’il n’est que des mois, et aucun sujet en aucune manière et en quelque sens de « être ». Il est à l’opposé impératif qu’il n’existe en existence que des sujets, mais les mois ne le savent pas et les sujets ne sont pas ; le sujet c’est ce qui se produit, à partir de lui-même. Or les mois croient qu’ils sont, ils le croient tellement qu’ils jugent que seuls les mois sont, prêts à immanquablement tout sacrifier, serait-ce la totalité de cette planète, pour « cela » qu’ils croient qui est, leur « moi » ; ça n’est pas seulement qu’ils le croient, ils le vivent, l’existent, le perçoivent comme un seul et unique couloir. 
Comme leur sujet est profondément replié, biffé, re-caché sous le moi, ils ne voient pas que le moi est effectivement ce à quoi aboutit tout l’historicité humaine, mais au sens où le moi est enfin le support des sujets ; par quoi l’arc structurel peut enfin tout relier en une seule fois ; de ses débuts méditerranéens, ainsi que de toutes les explorations antérieures, de toutes ses variantes ; puisqu’en une seule fois l’arc de conscience ré-atteint imperturbablement l’architecture réelle qui ne dépend en rien des contenus ; sinon que ces contenus doivent assurer ou assumer l’interface et que cette interface interfère selon le plus ou le moins dans, vers, par l’architecture réelle, laquelle est telle quelle, brute et  nue, et qu’il s’agit pour l’arc brut de se perfectionner, cad de se vouloir, de se décider pour sa propre finalité, selon sa propre dimension. Autrement dit de créer des interfaces ; la pensée, le christique, l’humanisation, la personnalisation, le moi.  
Lesquels n’ont rigoureusement pas de sens hors de la distance même qu’ils créent. L’ensemble du mouvement consiste à motiver les consciences de telle sorte qu’elles se dessoudent d’elles-mêmes, se décollent, et dans ce laps renouvellent ou retournent le monde et le vécu et le corps et l’humain. 
Mais Le moi tend pourtant à tout réduire à sa mise en forme, et devient lui-même le point aveugle ; il ramène toute la réalité à sa forme mais sa forme est soudainement de ce fait inexplicable, et infiniment douloureuse. Il gît et végète dans l’incompréhensibilité ; qui tient de son système d’interprétation incapable de saisir la distance (qui autrefois était dépliée par la pensée et le monde, esthétique, éthique, politique, grec, et le christique, exemplaire conscience qui à la fois distingue et réunie toutes et chaque conscience). 
Que la forme soit prééminente est le déroulement même de toute l’occidentalisation ; qui s’impose de par sa logique purement formelle ; on a vu que la forme est la Dimension, et que celle-ci n’a pas de représentation dans la réalité ; que l’on ne peut pas, par ex, convoquer son sujet ; qui est hors champ, rappelons que c’est seulement de cette manière, parce qu’il est hors-champ, qu’il existe des champs, des horizons, des possibilités, et parce qu’il est impossible qu’il est un sujet ; sinon il serait une chose, ou une détermination ou une pensée, et Descartes est celui-là même qui a annoncé qu’il existe une origine de la pensée, antérieure et c’est pour cela que l’on ne peut pas du tout passer outre Descartes ; il montre le saut antérieur, le re-tour, le nouveau tour joué, inoubliable, puisque ce serait oublier la mise en forme structurelle qu’est le réel. Ce serait retomber dans ce que Kant dénonce ; qu’il soit possible d’identifier les contenus au réel. 
Si on ne se maintient pas au niveau du système formel du réel, système qui contient la réalité, sujet qui contient le corps ou le vécu, universel qui contient les mondes humains, on retourne à la définition d’une Vérité, et l’on ne voit plus que la vérité est le système formel et non pas les contenus qui s’y produisent. On croit que l’occidentalisation consiste à opposer ou ajouter une vérité en plus, à toutes les autres ; mais l’occidentalisation ça n’est absolument pas cela ; c’est la mise en avant de la forme (qui couvait dans tous les autres mondes), et si on a pu identifier la réflexivité à la raison (celle du 18éme) c’est une erreur ; l’occidentalisation est bien plus impérative et stricte et Autre. 
À tel point que « l’occident » lui-même n’est pas capable de relever le défi qu’est « l’occidentalisation ». L’occidentalisation est donc la forme pure et brute de la survenue du formel, du réel dans la réalité et par-dessus les contenus, tous les contenus, y compris évidemment les contenus spéciaux qui sont produits par le structurel ; aussi doit-on traiter l’occidentalisation non comme une culture humaine, mais comme une a-culturation (au sens de privation), comme une a-civilisation, fondé sur « cela qui est antérieur » ; et donc l’occidentalisation n’est pas dans le langage ou la société humaine ou dans le symbolique, etc mais dans le dépassement du langage, de la société et de tout système de représentation. Ce sont les sociétés humains particulières préalables qui créèrent et inventèrent la Kultur, chaque monde humain est kulturel, mais l’occidentalisation outre passe toute cette instauration par un surcroit ; la survenue dans le monde et le monde de la Kultur, de l’a-civilisation.  Les grecs ne font pas le jeu de leur langage ; ils dépassent le langage et tordent celui-ci en et par l’expérimentation de l’actualité telle quelle ; nommé, en principe, l’être. De même le christique utilise selon l’altérité le corps et le vécu de chacun. 
De là que l’occidentalisation, ayant à cœur la forme même, excédé de et par le caractère purement formel du réel, l’ici et maintenant, la soif de saisir ici même, use et épuise tous les contenus, spéciaux ou non, et engendre ainsi l’historicité. L’occidentalisation ne tient pas aux contenus, aux systèmes mais les épuise tous. C’est la forme pure et brute structurelle (l’arc conscience/présent) qui se veut.   
 

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