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instants philosophie

Articles avec #philosophie

Ce qui vient au monde

16 Septembre 2009, 14:04pm

Publié par zward

Qu’il puisse arriver quelque chose, le moi psychologique n’y croit pas. Ou plutôt il y croit trop. De sorte qu’il investit une désillusion continuelle.

Que l’on puisse mesurer et approvisionner « ce qui se passe » et conséquemment « ce qui arrive », c’est précisément la loi philosophique qui nous l’enseigne.

Le moi psychologique, la personnalisation, cette fonction humaine dotée d’un vécu et d’opérabilités plurielle, qui est une grande invention du 20ème, sinon la plus seule, s’agite énormément. Mais son activité se tient dans et vers des objets ; même lorsqu’il entreprend de se perfectionner, ce seront des objets internes à son intentionnalité, à son attention. Il ne vient pas jusqu’à remodeler cette attention même. L’œil perçoit, mais ne se perçoit pas lui-même ; dans un miroir, c’est un objet qu’il observe, il est déjà replié par-delà son observé.

Or donc, la philosophie atteint « cela qui voit », l’acte lui-même et le nomme. Il est bien évident que c’est difficile ; c’est par des détours que l’on saisit cela-même qui saisit. Par une reconstruction opérative, et étrangement cette saisie de ce qui saisit, crée elle-même son être propre ; elle invente.

Elle invente quoi ?

Un réel. Une unité réelle. Qui ne tient que via les signes très serrés qui l’énoncent ; ça se montre (à soi-même) en le parlant, l’inscrivant via des signes. Un tableau ne montre pas un objet peint. Il fait-voir le regard qui compose le tableau ; et par conséquent en cause pas seulement de ce qui est re-présenté, illusoirement, mais montre les signes qui indique comment regarder (cette fois réellement puisque si ça n’est pas une pipe, ce sont, de fait, des signes bien réels). Or donc, ce que ça montre, ça n’est pas vraiment une pipe « interprétée » ; ou comment regarder tout court le monde, les objets, les paysages ; enfin si, ça donne à entendre quelque chose du monde, mais surtout ça existe en soi. Ça montre la variabilité de notre perception ; et que celle-ci existe en signes, comme on dit « en situation ». Elle se tient, la perception, dans l’interstice des signes ; encore faut-il que l’on y croit.

Si l’on ne prédispose pas à exister soi-même comme signes,(sons, couleurs, lignes, mots, fibrillations d’intentionnalités subtiles, légèretés indispensables, complétudes et incomplétudes des nuances), on n’en perçoit rien du tout ; on reste ce demeuré qui ne s’existe que d’objets, posés, là, dans le monde, et soi-même on n’est qu’un ensemble tuméfié inassouvi.  

Et si l’on répercute la perception à l’ensemble de ce que l’on est ; on ne parle plus seulement de cette capacité là, perceptive, des sens eux-mêmes qui se dévoilent une étendue, durée, esthétique ; mais de tout l’être en toutes ses variations possibles, on obtient un devenir de « ce que l’on est » si démultiplié que 14 000 vies n’y suffiraient pas.

C’est que l’on ne sert plus des mots pour désigner bêtement des objets (externes ou internes, dans la tromperie monstrueuse du moi psychologique qui croit qu’il existe) ou au mieux des choses (inquiétantes), mais il s’aperçoit que les mots font exister des papillons indéfinis qui survolent la moindre, non plus seulement perception, mais la plus petite intention, intentionnalité ; la plus infiniment vague pensée, image, imagination, émotion, toucher, nose, craquelure des apparitions, jusqu’à l’apparescence elle-même ; le mode d’être des apparitions elles-mêmes, de « ce qui vient au monde ».

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Le poids épouvantable

26 Août 2009, 22:34pm

Publié par zward

La philosophie, comme toute la culture qui précède le 20 ème, a eu pour finalité d’imposer le centre d’intention généralissime du sujet. Ce qui manquait, c’était une personnalisation de chacun ; de sorte que chacun puisse s’exister comme vécu et que de ce vécu, envers et contre les symbolismes, les relations humaines réglées dans un échange et partage concentrés, de ce vécu puisse s’exprimer ou s’approcher le monde-même.

Ainsi chacun est devenu proche indéfiniment du monde, là, donné, sans interprétation surnuméraire, sans humanisation ; de cela l’ensemble des crises dites existentielles. Mais aussi l’appétit féroce de multiplicité qui s’en suivit. De même le tourment étrange, bizarroïde, insituable de ces personnalités ; qui ne voient pas qu’elles sont avant tout des personnalisations, cad des processus, et non pas des identités éternelles ou en soi. Le moi, qui est une libération de cette unité centrale pour elle-même et décentrée quant à la régulation collective du monde humain, devient ainsi le verrou même qui clôt le devenir sur un « état », un être-là.

L’universel, qui fût promu lui-même par la philosophie et toutes disciplines concurrentes, s’en tient pour sa part à son abstraction ; le droit, ou l’idéal culturel restent semblable à celui , rêvé, du 18éme et 19 ème. L’art est encensé, bien qu’il ait désiré cent fois rejoindre le vécu, il y parvint mais dans des formes nouvelles (cinéma, mass média, toutes espèces de cultures du 20ème ), et en signifiant de fait autre chose que l’unité idéale du Sujet tel qu’il fut désiré, attendu, conquis et imposé, mais abstraitement universel par artistes créateurs. Dans les nouveaux moyens d’expression, le moi se perçoit lui-même comme centre du monde ; qu’il en soit la gloire ou la déréliction manifestes. Cette unification permit de cataloguer l’ensemble possible des vécus ; de les imager (si il ne peut comprendre le concept, le moi saisit immédiatement l’image, puisqu’il la subit …) ; sans quoi, ces mois se seraient perdus dans des immédiatetés incommunicables, des masses du monde donné, des fétiches et des obsessions, des déperditions. Que l’on ait à communiquer une image de soi, soulage du poids.

Du poids natif.

Ainsi non seulement il conviendrait que l’universel ait à cesser de se limiter à l’abstraction de ces formes (Etat, droit, idéal symbolique du moi, culture idolâtrée, etc), mais aussi le moi, cette concrétion historique libératoire, sent bien qu’elle n’a pas vraiment abouti. Qu’elle blêmit encore dans l’irréel.

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Le monde universel

9 Août 2009, 15:25pm

Publié par zward

Ayant acquis le discours dans toute son ampleur, la philosophie se tourne vers la réalité, donnée-là. Le discours, né des grecs, nous permet de situer immanquablement tout ce qui est pensable en tant que cela est l’esprit lui-même ; autrement dit ; tout ce qui est pensable relativement à "un" monde (n’importe lequel, universalisé à partir de celui-ci).

Le discours lui-même est un effort ; n’est pas une attitude naturelle ni humaine ; dans la mesure où l’humain installe une « seconde nature » ; la vérification du dire dans un système d’échange généralisé ; entre soi(s) en somme ; et que le discours alors est la signification, le sens d’une « troisième nature humaine ».
Mais il se double d’un effort supplémentaire ; de ce qu’il existe pour un sujet, il s’aperçoit qu’il existe par un sujet.

 Cela cèle les réconciliations de l’esprit et du monde ; mais en un sens qui n’est pas encore compris, compréhensible...
Le sujet qui pense le discours (lequel discours pense tout), vient du monde-même, le monde non-humain. Lequel n’est déjà plus le monde « habituel » ; celui qui est donné dans la perception connue, pseudo-naturelle, d’un monde humanisé quelconque ; monde-même qui est, cette fois, le monde « là ». Le monde tel qu’on peut le supposer scientifiquement objectif, et qui contient tous les mondes humains inventés, qui est le monde originel, à l’origine de toutes les perspectives possibles. Mais, ceci étant dit, monde-même qui avant d’être le monde objectif, scientifiquement, est le monde « pour quiconque » et existe « de tous points de vue », déjà-là, mais non résumable en aucun et qui se tient à la frontière de tous les points de vue.

Voici donc le discours en soi (le savoir de l’esprit sur un monde globalement tel que le monde peut être connu a priori, quasiment, et tel que l’esprit en lui-même peut se savoir), le sujet qui interface le monde et le discours, et enfin le monde-même, là, qui est horizon.

Le monde n’est pas le « monde » face à nous ; parce que nous-mêmes sommes « dans le monde ». De sorte que l’on pourrait dire ; le monde comme horizon est le « Donné » dans sa totalité (dont on ne voit pas la clôture pour l’instant).

Se tiennent ainsi face à face ; le sujet et le donné-horizon. Entre les deux, le discours qui clôt, lui, tous les discours ; toutes les paroles théoriques n’ont de sens que dans le discours universel et cohérent (y compris la science et y compris les émergences singulières, mais en un sens plus profond). Sinon on rentre à nouveau dans une humanité (une culture quelconque) ou dans une subjectivité (un ensemble mondain de déterminations qui se donne ses propres règles ; qui ne sont pas des lois).

Sujet, donné et discours universel cohérent.

Mais il s’avère que le discours est plus ample qu’il n’y songeait ; il se révèle comme système de signes sophistiqué ; suffisamment élaboré qui puisse retenir quantités et qualités du donné ; et permettre, de par sa sophistication, de médiatiser subtilement les distinctions (les différences du donné recueillies), mais aussi de décider subtilement ; de mener des visées, des saisies, des intentions dont un seul signe peut bouleverser le jeu. Le systématique, ce en quoi nous nous repérons, est aussi ce en quoi nous décidons, et ce en quoi nous percevons et finalement ressentons. Plus le système est précis, plus il est précis, évidemment (prècis en lui-même, et distinctif dans les éléments du monde inconnu), mais alors aussi plus il est modifiable… ce qui change tout.

Ce qui le rend accessible à chacun. Chacun peut devenir le système qu’il est. Nos idéaux de traduction esthétiques du donné formulent les perceptions possibles ou les ressentis littéraires d’un tel monde-donné, de nous-mêmes dans ce monde-là. Portant à notre connaissance notre potentiel ; lequel n’est plus contingent, livré au n’importe quoi (des faits rencontrés par hasard ou de nos caprices farfelus), ni délaissé à l’incertitude (puisque le système se sait, sait ses exigences, qui ne sont pas des règles, élaborées au petit bonheur, mais des lois, de sa constitution pleinement conscientes). En somme dans notre humanisation spécifique (qui n’est plus particulière d’une culture quelconque) rien n’est chaotique, imbécile ou arbitraire ; mais est la suprématie du librement conçu et effectivement vécu, réalisé, imposé au donné. La rationalité n’est donc rien de moins que ceci ; la transformation d’un monde arbitraire (seulement rencontré dans des particularités ou dans des bricolages interindividuels ou subjectifs) en ce monde-même ;  non plus un vécu parmi des tas d’autres possibles et hasardeux, mais le vécu-même (de ce qui est à vivre, qui que l’on soit).

Et la rationalité loin d’écraser l’individualité, permet à quiconque de sortir de sa contingence, de ses multiplicités bâtardes, de ses causalités pénibles, pour filer instantanément dans la logique de sa loi. Laquelle bien qu’individuée, est, pour cela même, universelle ou potentiellement universelle pour chacun.
Ainsi le tourment de toute personnalisation commence d'être pensable.

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Absence du moi, présence du sujet

20 Juillet 2009, 22:49pm

Publié par zward

Si l’on veut décrire le dispositif existentiel de l’individualité, il est nécessaire de prendre appui sur la dimension ontologique. Sur la position que le sujet se donne à lui-même et par laquelle il régule en conscience, en connaissance de cause, le rythme et l’intensité des informations dans leur traitement.  

Pour cela le sujet, dans le moi, qui existe hors du moi, déploie les systèmes ; systèmes de signes. Les signes offrent la moindre résistance et peuvent être pliés selon la plus petite des intentionnalités précises du sujet. Si l’on se signifie dans des objets, on emprunte les signifiés inclus dans ces objets. Si l’on se signifie par des notes ou des couleurs, on peut remonter la signification des signes-couleurs ou signes-notes et les conjuguer selon un rythme individualisé exact.

Le moi est ce qui entend faire de sa vie, de son vécu, un tableau de signifiés empruntés ; il croit que l’ensemble des réalisations de son vécu correspond à un signifié, voir une méta-signification (son « destin » par exemple, ou la personne rencontrée par hasard, ou le sens bien original d’un jeans’, produit pourtant par milliers etc).

Le sujet sait que, quoi qu’il en soit du vécu (il peut exister des nœuds de sens effectivement réels), ça n’est pas dans le vécu mondain, qu’il va, lui, le sujet, dénicher ce qu’il veut. Il tend à reconstituer l’ensemble des éléments perçus, en une fois. Système esthétique ou littéraire ou conceptuel. Il sait que son apogée est de synthétiser en une fois et de dissoudre ainsi tout ce qu’il possède ; afin qu’ensuite il puisse reprendre à nouveau le même ensemble systémique et le porter plus loin encore.

On peut comprendre n’importe quelle systématisation comme l’exploration du possible réalisable dans l’immanence, qui n’emprunte rien au monde, (sans préalablement le lui voler). Le moi de son côté ne se tient que dans la/les transcendances ; des objets, des autres mois, des vécus, des projets, des totalisations de réalités mondaines. Le mondain, on le maitrise pas ; il faut en passer, par exemple, via la mathématisation pour, ayant séparé les éléments, commencer de contrôler les réalités. Cad en passer via des systèmes abstraits. Le moi est donc dans la dépendance totale visà-vis de signifiés donnés-là.

Comme nous ne disposons pas d’un tel système mathématisable de toute la réalité,( mais que, néanmoins, il nous faut bien penser tout ce qui est), alors il est une nécessité impérative dans l’invention de systèmes de signifiants ; dans la mesure où nous devons établir la carte générale de notre position dans ce-qui-est ; et que cela soit un chemin repérable. Le sujet étant ; ce qui détient son advenir en propre. Il doit exprimer, il doit exporter, il doit abstraire et extraire, découper et recomposer en conscience, tout ce qui lui vient et relire de manière générale, tout ce qui est.

L’exploration par le sujet, de la réalité, est ce qui incombe à tous, mais tout autant à chacun. Puisqu’il de l’enjeu même d’une existence que de parvenir à « mathématiser » son point de vue ; sauf à demeurer un moi doté de seulement un vécu.

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De la démocratie philosophique

8 Juillet 2009, 01:03am

Publié par zward

Il n'existe pas a priori une science objective de la réalité ; des réalités, oui, on peut parvenir à une saisie contrôlée de ceci ou cela. Masi il n'existe pas non plus une vision épistémologique de la connaissance ; pas au sens où cette épistémologie remplacerait l'unité absente qui creuse la philosophie (et si la philo est vraie, qui creuse l'être de l'homme).


On ne peut pas dissoudre l'intention qui nous anime dans un contrôle en amont ; pas plus qu'en aval ; ni l'origine, ni la finalité dernière ne peuvent être pensées mais seulement dites, exprimées autant qu'on le peut (ce qui demande une historicité et de comprendre cette historicité au fur et à mesure). On peut éventuellement contrôler ici et là le trajet du fleuve, mais ce sera « en cours de route ».  De sorte que ce contrôle fera lui-même partie du trajet, de l'intention, et qu'en définitive celle-ci reste seule maitre à bord. Sauf qu'elle ne sait pas où elle va ni ce qu'elle prononce, énonce, exprime. Qu'elle doit ainsi tirer de son chapeau » cela, qu'elle dit ».


De où cela s'origine-t-il ? Et comment cette origine ne saurait être qu'unique et constante, et hors de tout relativisme, ne signifie pas que l'on s'en réfère à une vérité (toute universelle), mais à une subjectivité capable de l'universel ... ce qui est tout différent d'une subjectivité d'une part, livrée à elle-même, (y compris en instance intersubjective, ce qui est raisonnable, mais est aussi la porte ouverte à tout), et différent d'un universel qui existerait hors et sans le sujet ... ce qui est impensable.


Impensable à moins de descendre d'un niveau ; cad de fabriquer une science de/sur la philo ; ce qui est tout à fait acceptable et bien intéressant, ça n'est pas le problème, mais ce qui manque de fondement ... Et par fondement il ne faut entendre que l'on désire un fondement qui s'imposerait hors la décision des sujets ; mais un fondement qui justement impose que les sujets décident (cad qu'ils sont condamnés à être libres, en gros).


Ce qui est remarquable, c'est que finalement la démocratie qui n'a aucun contenu privilégié a priori, est la forme de l'organisation qui pose le libre partout où il est judicieux. En ce sens la démocratie st une non société et c'est pour cela qu'elle est toutes les sociétés. Soit ; le passage de la communauté (de n'importe quelle type mais intégrée), à la forme (absolument abstraite, mais de par le fait, effectivement réelle). Nous sommes devenus, glissés dans la forme pure et simple ; la forme pure du sujet cartésien, de la moralité kantienne, de l'Etat hégélien, de l'existentiel sartrien, etc.


Toutes mises en forme qui affectent considérablement notre être, notre personnalité, notre statut, nos rôles, notre vécu, dans sa matière même, dans sa perception qui atteint elle aussi un art pur et simple, et dans sa proximité au monde même, là.

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Il est dans la nature du moi d'étouffer

27 Juin 2009, 20:54pm

Publié par zward

Dans la mesure où nous sommes des êtres de signes, utiliser les signes, change, modifie, approfondit notre être ; il serait selon notre être réel d'écouter de la musique classique constamment, mais nous peinons au-delà d'une certaine capacité d'attention : ainsi nous avons inventé une musique qui puisse nous accompagner quotidiennement. Il faut bien marquer l'ampleur du phénomène ; c'est une musique qui joue le corps, qui suit pas à pas le corps lui-même ; comportement compris. Où l'on voit que dans ce monde-là, le signe est redevenu symbolique ; il représente quelque chose pour quelqu'un ; il ne représente pas les signes pour les signes ; et ne libère donc pas le sujet de son être déjà là. Puisque seuls les signes valant en eux-mêmes permettent au sujet de délivrer l'espace au-devant de soi comme n'appartenant à aucune intentionnalité particulière.

Or le moi n'existe jamais sans un tel particularisme de l'intentionnalité. Il peut bien se perdre dans la multiplicité des choix, mais ce sont déjà des choix choisis ; on ne s'adresse pas au monde n'importe comment, à n'importe qui, n'importe où, en n'importe quel sens. La vérité est que tout est intensément codé ; même si il existe de plus d'immenses zones incodables-selon le langage ; entre les groupes, au-dedans des interrelations, des relations entre chacun.

Une quantité considérable de réalités humaines ne participe pas même du langage ; le langage est uniquement utilisé ici et là dans telle ou telle opportunité afin d'ouvrir ou de clore une action, une activité, une mise en organisation d'un donné. Le langage est pris dans des ensembles ; disons ; de comportements qui, eux, existent dans les choses, entre les objets, entre les rôles, entre les identités. Il existe un outil des ensembles comportementaux eux-mêmes complets. Complets parce que les comportements sont nécessairement organisés tels que déjà inscrits dans un monde ; dans un monde on n'y est pas hasardeusement ; parce qu'un « monde », c'est déjà déterminé ; que toute apparition dans le monde est préinscrite par ce monde lui-même. Et cet outil c'est le moi comme fonction ; ce qui en l'empêche pas d'être soi, mais qui déplace singulièrement le centre de cette personnalisation.

De sorte que l'on peut dire ; tout est réalisé. Le langage est entièrement ce qu'il doit être ; les comportements se répondent et correspondent exactement aux objets, signes, lignes et séries humaines. L'ensemble tend irrémédiablement à se refermer. Et il est de la nature même du moi d'étouffer.

Sauf lorsque cet ensemble d'ensemble est parcouru, secoué par le seul signe. Cad lorsque s'introduit dans l'ensemble, un jeu pur et simple qui ne programme son développement dans aucun monde. Les mathématiques sont par exemple un tel jeu.


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Qu'est-ce que l'universel ?

7 Juin 2009, 17:23pm

Publié par zward

Il est bien certain qu’une société humaine veille jalousement à son langage, puisque celui-ci commandite également le système d’échange ; en réalité, tout est absolument millimétré ; toute différence dans les signes n’engage pas seulement l’acte lui-même, mais la prévision ; que donnera telle différence à l’avenir ? Peut-on engager un échange constructible avec telle personne ? De tel groupe à tel groupe comment prévoir l’échange ?

Il existe donc une pression toujours réelle même lorsqu’elle est allégée et dispersée ; elle engage non seulement les échanges, mais les êtres, entièrement. Il n’est pas d’anfractuosité en quoi que ce soit ; parce que notre esprit construit toujours immédiatement les réponses avant les questions qu’il, ensuite, se pose… Ce qui ne rend pas la vie, le vécu très éclairant ; hypothèse qui agace prodigieusement ce qui veut nous faire accroire que dans le vécu, on se réalisera.

Puisque chacun se destine à répondre aux signes ou à les retransmettre ; y compris et inclus les signes de révolte ou de négation. Il n’est pas d’espace et cela nous contrarie beaucoup puisque contrairement aux sociétés symboliques (il s’agissait de comprendre, de vivre non pas des « signes », mais le sens des choses, des êtres, du monde et même en cette aliénation, le Sens aboutissait à sa compréhension en et par chacun ; un Sens illusoire ou hallucinatoire, mais vécu), contrairement donc, « on nous a dit » que le vécu relevait d’une essence si personnelle que nous en serions convaincus…

La personnalité qui recherche sa résolution, (son bonheur, sa liberté, sa satisfaction, sa libération, sa révolution, sa révélation, etc), est telle une pyramide mais dont la base s’effrite dans le donné, le passé, le psychologique, voir le biophysique, ou le génétique, et dont la pointe est évidée ; sans aucun débouché (puisque l’universel fonde l’individualité, mais largue celle-ci sans aucune évolution réelle ; l’universel, politique, social, relationnel, de consensus, d’institutionnalité, n’existe pas dans la projection mais seulement en tant qu’état donné, statut livré à lui-même, là, absorbé immédiatement par le donné, ce que l’on tend à considérer comme « normal », mais qui en réalité ne l’est pas du tout).

La révolte n’est jamais que pseudo révoltes ; (sauf situations dictatoriales classiques). Parce qu’aucune individualité révoltée ne peut pas au-dessus ou au-delà de son statut universel sans s’anéantir. C’est donc dans cette universalité même que se situe le travail nécessaire ; ce qui demande donc de se poser la question ; qu’est-ce au juste que l’universel ?

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De la rareté à l'abondance des signes

3 Juin 2009, 20:15pm

Publié par zward

Il se pourrait que l’on ne perçoive que la disparité de la philosophie ; ça parle de tout n’importe comment. La vérité est que ça se poursuit et se continue adéquatement dans tous les textes, et la pluralité est en fait une progression invincible.

D’avoir inventé dans le langage une partie spécifique qui « pense », inaugure littéralement toute la suite historique humaine qui viendra ; dans la représentation humaine est proposée le Savoir comme idéal et même comme idéal unique ; au sens où il existe des savoirs seconds mais qui dépendent dans leur compréhension au moins, sinon parfois dans les faits, du savoir premier qui parle « ce qui est ». Soit en tant que « une chose n’est éprouvée que si elle est connue en même temps que vécue, perçue, etc » ; soit en tant que l’on ne se décide vraiment qu’en connaissance de cause(s), entamant la possibilité d’un devenir qui sait ce qu’il fait et qui crée donc son propre devenir , en dehors des devenirs naturels , bien sur, mais aussi humains puisque l’on invente un langage dans le langage : dans le langage des peuples et des cultures, on invente l’universel, transculturel, d’une « non-culture » qui n’appartient à personne, mais à tous , en somme qui est abstraite et qui réclame une individualité telle ; une individualité abstraite.

De ce point de vue, c’est le point de vue … Ainsi on peut comprendre l’immense développement esthétique comme la mise en forme à partir de ce point de vue unique ; celui de l’individualité abstraite qui s’autorise au moins ceci ; de créer un système de signes indépendamment du système langage ou symbolique commun, qui est uniquement dévolu ou essentiellement voué à la transmission.

Une société humaine a pour principe essentiel de se conserver ; aussi les dérives intransmissibles sont-elles proscrites et absolument condamnées (sous entendu ; à mort). Toute société humaine finit (ou commence) dans la fermeture intransigeante de son système de transmissions (cad de paroles ou d’échanges, d’esprit ou matériellement). Un tel système glisse dans le symbolique ; un signe n’a plus de sens que partagé ; il ne désigne plus rien d’autre que l’échange, réglementé, d’une société en état de totale (auto) manipulation.

Mais lorsque vient à s’imposer qu’un système existe en soi (la vérité telle que vraie et non pas « reçue » ou décidée par quelques uns) donc la vérité compréhensible par tous , ou encore que chacun est légitimement capable de produire des signes, alors ce qui se fait jour, c’est la rationalité ; qui est entre autres ; la possibilité de traduire dans un langage, malgré tout commun, la multiplicité, sans que soit perturbée la transmission, cad la capacité de se parler (et de s’organiser, de décider, etc), mais ceci compte-tenu de la prolixité libérée des signes ; de sorte qu’individuellement on devienne apte à organiser, voir produire des signes.

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L'illusion manifeste

29 Mai 2009, 23:20pm

Publié par zward

On voit au travers de cela comme nous vivons d’une sale vie d’aveugles. Certes le Moi est la personnalisation qui a pris le relais de l’humanisation. Laquelle humanisation est fondée selon l’universalité. (Le Savoir en tant que compréhensible et non pas ésotérique, mais entièrement extériorisé).

Et certes le Moi est, au sens strict, « ce qui dispose d’un vécu et d’un système de signes adéquat », mais quoi ? Qu’en résulte-t-il ?

Rien.

Le moi se continue dans la pure idiotie. Bien loin de produire lui-même les signes et les systèmes de signes qui lui autoriseraient à se parler, il ingurgite bêtement les flots délirants et fantaisistes qu’on veut bien lui produire d’être.

En fait il croit encore à la tribu. Il croit que de s’affubler de ces oripeaux de signes, le signifie, lui, dans l’attention des autres. Il ne sait pas encore qu’il est absolument seul. Que personne, ni rien ne le regarde être ; il est sans témoin.  Par exemple lorsqu’il n’est pas soumis aux regards des autres, il s’imagine les observer « cinématographiquement » ou télévisuellement … Hallucination d’une communauté d’être, qui n’est pas.



Sinon existe la fureur d’y être, là, instantanément, et non pas sans raison, mais de raisons uniquement et strictement intérieures, mieux ; internes, à toute cette grande extériorité froide. Dessous le Moi, et ses croyances tardives, ou ses relents de vieille fièvre, le Sujet est l’abstrait cristallin ; il ne fait que ce pour quoi il est constitué ; il fait-être. Il ne se pose pas de questions au fond, il est déjà la réponse. 

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Le sujet non-abstrait

24 Mai 2009, 21:51pm

Publié par zward

L’esprit ne s’intéresse ni au bien, ni au mal, au bonheur ou au malheur ; il est seulement curieux.

La révolution universelle n’est pas encore achevée. Il est probable que les êtres humains ne sont pas suffisamment intelligents pour en poursuivre le projet.

Le discours est créé dans le langage humain, et peu à peu remodèle toute l’humanisation. Du discours on s’aperçoit qu’il est pour-un sujet, cartésien. A partir de l’évidence du sujet on peut penser puis appliquer la révolution universelle ; qui crée l’Etat et la société civile autonome. Des deux s’élabore la continuation du sujet mais existant, vivant dans le monde ; en tant que Moi.

Le moi dispose d’un vécu autonome dont il profite bien. Mais aussi quoi qu’il fasse, et parce que de statut il est un, il peut être considéré comme « unité de traitement de l’information » ; unité strictement individuée et dont la dénomination « unité de traitement » ne dit presque rien. Qui désespère du reste d’être individualisée certes, mais doté de bien peu de moyens pour poursuivre l’universel qu’il incarne pourtant, et du même coup continuer sa propre aventure, destinée, devenir.

Qu’il ne soit pas possible de devenir, pour tout moi et n’importe quel moi, constitue le nihilisme qui s’appesantit ici et là. Il prouve seulement l’impossibilité d’imaginer une continuation de cet universel déjà acquis. Puisqu’il est bien évident au fond à tout le monde qu’il ne peut exister d’histoire humaine en dehors de l’universalité de sa représentation.

Il n’est donc pas du tout de « crise », de décadence ou de manque maladif ; la pensée occidentale conduit invinciblement ce qu’elle doit amener ; l’esprit ne cherche pas le bonheur ou le malheur, le bien ou le mal, il les contient mais c’est autre chose qu’il crée.

Or, si l’on suit bien, le moi est l’incarnation, cad la réalisation effective, de l’esprit. Ce par quoi l’esprit, cad la représentation en général et en particulier, devient réelle ; où il appert, mais on le savait, que l’esprit n’existe qu’intentionnellement ; individuellement parce que l’intentionnel n’existe qu’en un individu, le non divisé, ni divisible parce que l’intentionnalité contient toutes les divisions possibles.

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