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instants philosophie

Artaud invente le seul sujet qui puisse être

2 Novembre 2008, 14:04pm

Publié par zward

Artaud invente.
Artaud invente le sujet absolu qui ne tient que par sa volonté, qui n'est rien, qui n'est pas un être humain, ni sa caricature, ou à peine et qui s'effiloche par tous les instants, qui le traversent et le dissolvent, mais via lesquels il demeure identique à son ombre. Parce qu'il n'est rien d'autre que l'ombre de l'instant qui passe. Il n'est pas, du dedans, quelqu'un ou quelque chose, mais existe dans le bardo, le grand passage : dans le bardo, il se maintient de par son éclatement. De celui dont il ne reste rien, il retire l'ardeur non finie de l'intention d'être, d'exister, en une fois, il se voudrait voir naitre, au moins une fois, une fois qui clouerait toutes les imaginations ou littératures ; l'unique qui, lui seul, et après Rimbaud qui recrée le monde(fabuleusement mais aussi objectivement, dans une rêverie formelle absolue, cad prise pour elle-même ; que cette logique soit celle du langage débarrassé ou du monde harassant), Rimbaud qui est de ce monde-çi, qui fait-être son être, son être autre que tout.
Artaud, le premier à manier si distinctement l'être-autre décisif. Artaud, l'explosé ontologique et l'exposé, toutes racines coupées nettes tout alentour de la position ontologique de base fondamentale, d'un moi dépouillé de ses, de tous ses contenus, Artaud prouve pas à pas qu'il existe encore ; dans le non devenir, l'identique, l'unique perspective, redondante et active cependant, l'unique position effectivement réelle qui se puisse (de quiconque existe). Et il fallait ce corps là pour en venir à bout de cette passe d'armes : il se défend contre tout ce qui est, et en tout cela impose son être seul ; cad impose absurdement, ridiculement que son être existe de par soi. Et il est ainsi doué d'un Autre-corps. Il s'est métamorphosé, sans déroute sinon celles de l'ironie et du furieux, sans se perdre en l'immonde, sans sécréter autre chose que la surface de son autre corps, et il traverse le temps et l'espace, les matières et les objets, et se joue des mythomanies comme des affectuosités, et il sait tellement qu'il est plus que n'importe quel dieu et n'importe quelle sexualisation, et bien autre que son être dit humain, lequel est tout concassé.
Avec Artaud plus rien, en nous, n'a de rapport. Avec quoi que ce soit. Sauf l'être qui est sa propre intention d'exister. Et qui n'a de finalité que d'être, mais par qui, le seul, l'être est effectivement ce qui devient, se produit à quelqu'un, à un sujet. Et ce qui semblait déjà si immédiatement acquis de fait, au fondement, le corps connu, et d'avance, se révèle cela même qui doit être intentionnalisé comme tel et demande à être penser afin que l'on puisse dans l'être ici et maintenant développer ce qu'il réclamait, et dont il ne comprenait pas plus que nous, ce que cela signifie ; un devenir être.
Artaud recrée son corps, parce là où il est, vide, il n'est que sujet hyperactif percevant, augmentant le visible et l'invisible, le faste et le néfaste, la gloire et le putride.
Artaud invente et recherche son être, parce que là où il est, il n'est plus un Moi, il est l'antithèse historiquement enfin définie pour la première fois, du non-Moi, et c'est un Sujet. Le reflet-effet exact du Cartésien, mais vécu réellement.

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