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instants philosophie

Du devenir vaguement humain

10 Août 2012, 18:55pm

Publié par zwardoz

Bizarrement la volonté acharnée d’interpréter l’humain selon le monde, a fini par intégralement enfermer l’être de l’homme dans une activité d'illusion ou une capacité imaginaire, ou fabulatrice ou de mise en scène.

Or il est évident par ailleurs que la raison parvient de son côté à rendre effectivement compte de ce qui est, tel que cela est. Sans pour cela croire que tout et l’intégralité de la réalité soit pensée ; on n’en sait rien, on sait seulement que ce qui fonctionne, fonctionne.

De même la pensée qui croit être en mesure de douter intégralement de la véridicité générale de l’expérience humaine, en la reconstituant selon un structuraliste ou archéologiquement ou analytiquement, part du principe de l’inanité de la société humaine telle que « là », d’en démonter les perversités, d’en détruire les validités au nom d’une plus grande vérité de révélation dont les dessous seraient mis à jour.

Or il est clair que l’Etat ou le droit ou le libéralisme (au moins idéalement, puisque de révolution réelle il n’y eut que celle-là, unique) ou la science ou l’individualisme, malgré de manifestes manquements, sont indispensables ; qui songerait à ne pas exister individualistement ?


Il serait tout aussi absurde que d’amener une pensée qui renierait toutes les pensées et explorations précédentes ; ça n’a et n’a jamais eu aucun sens réel sinon un appel d’air nécessaire en telle ou telle occasion, et pour la dynamique intérieure.

Autrement dit ; tout ce qui est advenu, le devait, et tout ce qui est, est tel qu’en sa place même. Que l’on ne sache pas pourquoi, comment et en quelle vue générale, ne doit pas pousser vers les impasses ; et quant à surinterpréter la réalisation humaine comme telle ou telle, aussi utile cela soit-il dans la plupart des perspectives ouvertes (il est des tas de niveaux dans « la réalité » qui requiert quantités de points de vue même limités chacun pris en lui-même), elle risque de manquer de comprendre effectivement ce qui positivement avance, de fait.


Si tout est essentiellement positif et si tout est intégralement réalisé, ça ne signifie pas que ce soit suffisant ; mais que cela qui est advenu et qui a si puissamment converti toute humanité, n’a pas pris sa propre mesure et ne se sait pas encore réellement (ou pas suffisamment puisque l'acquis est acquis).


Ou alors raison et science, liberté et réalité n’ont pas de sens et n’administrent aucun avenir. Sinon un développement absurde et incompréhensible. Autant se replier sur un monde interprétatif et/ou s’enfoncer dans un abandon de la raison et du libre-même.


L’idée générale qui préside à la reprise de ce qui est, tel que cela est (compte tenu de sa promesse interne autrfois dite "universelle", le partage en chacun du vrai, du bien, du beau), est par exemple que l’individualisation (et son prix conséquent de gaspillage) est la continuité de l’humanisation comme processus inauguré par la dite « raison » (et sans préciser plus ce que raison recouvre alors, en ce cas), et continuation de l'humanisation selon l’universel.

Que si l’être-libre est le fondement absolu de tout le devenir conséquent, ça n’est visiblement pas selon le schéma marxiste ou communiste de « l’homme générique des besoins communs », mais cela ne signifie pas que l’individualité soit par ailleurs seulement limitée  à "l’être égoïste de la pensée si naturaliste libérale".

 Dans les deux cas ça revient absurdement à déposer-là notre être comme « naturellement lui-même » (la justice du communisme ou le bonheur libéral étant quasi équivalents ; un être-là donné et qui ne "veut pas plus qu’il n’est").


Or il est également, outre le libéralisme et le communisme, une invention récente ; la démocratie. Laquelle n’a pas dit son dernier mot et que l’on ignore encore, en ce qu’elle porte et suppose – hormis les quelques principes et explicitations ici et là dont elle fit preuve ou qu’elle commît).


Si l’on tient pour certain que l’individualisme est l’essence même de l’humain en tant que continuité de l’humanisation promise par la raison et l’universel et que l’être-libre de chacun est le devenir même, et que par ailleurs la démocratie est la confrontation généralisée, il faut bien aboutir à ceci ; la continuité de la démocratie est la coordination.


Que les libertés parviennent non plus à se supporter ou à lutter indéfiniment (auquel cas on multiplie les objets de lutte avec aberration) les uns contre les autres, mais que les actions, les décisions, les organisations et les finalités soient explicitement (ou au mieux en tous cas) soient intelligemment coordonnées.

Ce qui implique, de fait, une comptabilité intégrale de tout ce qui est humainement ordonné ; ordonné sans que pourtant cela soit organisé (consciemment et intelligemment). Et la réalité est que tout est installé (ou en passe de l’être) pour que soit menée cette comptabilisation la plus exhaustive possible.

Et que les finalités cessent de tomber dans l’individualisme naturaliste libéral (comme autrefois dans l’absurde généralisation de chacun dans le communisme), et de retomber, ces finalités, de déchoir donc dans de petites comptabilisations aveugles, inconscientes d’elles-mêmes et qui le demeurent.

D’autant que n’étant pas en mesure d’être mesurées (comptabilisées, avec des chiffrages, littéralement), dans leur nuit indéfinie de volontés non conscientes, elles sont inexprimées (démocratiquement) et donc inqualifiables, non soumises au jugement de chacun et de tous. 

Et ainsi personne ne peut se voir-être réellement mais seulement se supposer, s'imaginer aveuglément. 

Cette objectivité, de ce qui ne l'est pas encore, risque cependant de glisser dans un autre sens ; Etat (dans sa tendance à la caricature de la démocratie réelle) et la technologie et l'économisme (essentiellement irréfléchi quasi intégralement ) risquent de s'allier et de s'imposer par leur objectivisme même, et de remplacer l'objectivité universelle dite libre et coordonnée (qui est l'inverse de l'imposition d'un Ordre, qui de par sa nature même abonderait quantité de finalités soit absurdes soit mortelles). 

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