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instants philosophie

Humanisation et personnalisation, au principe

10 Mars 2013, 10:45am

Publié par zwardoz

La réalisation absolue, radicale et approfondissante

La raison, la philosophie, la validité de l’universel, n’a pas échoué. Elle s’est intégralement réalisée et même a porté plus loin le même principe.

La société humaine réalise parfaitement ce par quoi et vers quoi elle se destine, et réalise absolument l’être-libre.

Que la raison aboutisse à l’être-libre signifie (outre ses dimensions ontologiques, au-delà du métaphysique de la raison, l’être-libre poursuivant plus loin le projet de raison pure), que les destinées individuelles ne sont pas du tout livrées à l’immédiateté et au sensible, et qu’elles s’enferment dans une naturalité, un naturalisme (libéral ou communiste ou une prise en charge de tout par les cartels ou l’étatisme ; un être-là donné, un corps-langage, inerte ontologiquement et qui subit), mais au contraire que toute destinée est une volonté et essentiellement une idée.

Puisque chacun est-libre, c’est sa structure même, et est immédiatement tel que Un, chacun est déjà à soi-même son idée ; qu’il est-libre précisément.

La vérité est que tout est poussé à son épuisement intégral ; les corps et les signes, une débauche de possibilités, le langage et énuméré et déroulé en tous sens, les objectivités et les connaissances, les sciences et les extensions de l’étatisme comme le déploiement sans limite des entreprises individuelles, (en tous sens y compris économiques mais également d’initiative individuelle et collective) : un monde humain entier entièrement réalisé ; et donc une perfection absolue.

De même chacun est installé dans sa personnalité, mais cette personnalité, ce moi si absolument lui-même, est une personnalisation, cad un processus et comme tel n’en est pas au bout de son développement.

Un immense gaspillage, oui, sans doute, mais tout à fait cohérent et d’une seule logique.

On assiste donc à une immense recomposition à partir du rien, du formel, du structurel fragile et hiératique, mais insistant et recommençant absolument identique à lui-même, puisque vide. La forme « conscience » ne désigne rien de par soi, mais travaille instantanément tout ce qui arrive, se présente.  Elle œuvre. Littéralement.


 

Les réalisations historiques

On garde en sous-entendu la formulation universelle de ce qui est travaillé ; mais la réalité est que l’être-libre ayant pris en charge la raison, rendue concrètement, dans le « là » du monde donné et vécu, l’être-libre porte plus loin encore le travail de la raison (qui s’étant augmenté du libre doit adopter une autre dénomination ; la réflexivité, par exemple).

Ainsi chacun, chaque personnalisation, est en elle-même le travail, l’œuvre du libre à même la réalité, contingente, diverse, multiplicité donnée, et pour résumer coller à même la réalité comme détermination très exacte (exacte et à proximité du réel, de « ce qui est réellement » et qui pour –nous de « ce qui vaut la peine d’être vécu »).

De même les objectivités issues de la première raison, grecque, portent vers le donné effectif des choses et des êtres, (et non plus sur leur « idée » dans un monde de notions et non plus dans l’imaginaire ou dans le symbolique ou dans l’apparaitre mythomaniaque des choses), et le politique se creuse lui-même dans la dureté des échanges réels et non pas idéaux ou signifiés (par un Sens rêvé).

Pareillement la conduite juste est également ce qui pousse les libérations successives, les libertés acquises, les reconnaissances, les dévouements, les investissements individuels ou assemblés. Il est une recherche très réaliste d’éthique et qui n’est pas séparée de l’ensemble structurel de la constitutionnalité démocratique ; qui œuvre en ceci « le pouvoir pour et par tous ».


 

La possibilité entièrement réalisée

C’est l’ensemble de la possibilité qui fut convertie par l’attachement à l’être (à ce qui est-réellement) que la philosophie installe. Jusqu’alors l’humanisation désirait irréellement, mais depuis la conscience (cet « être structurel » qui « est » en l’humanisation, tout comme le sujet « est » en un moi) c’est le réel qui est voulu.

Or … on ne peut pas dire cela. Ce qui était désiré auparavant, antérieurement à la conscience, était le réel proche, le réel immédiat, la constatation du monde donné vécu tel qu’admis par et dans le langage (et donc échangé et transmis, ce qui garantissait impérativement que du langage il y ait).

C’est en approfondissant ce même réel qu’il fallut l’étendre, et la raison n’est rien d ‘autre que l’extension du réel dans le langage ; le problème étant que pour ce faire, il fallut dépasser le langage, de même que pour tout moi-même il lui faut devenir autre que soi, devenir le sujet en son moi.


 

L’exposition intégrale de tout

C’est ainsi que de tout épuiser, de tout exposer, de tout montrer, de prendre une conscience active invraisemblable de tout le réalisé, l’humanisation d’une part (qui s’est entièrement exposée par la révolution Unique qui bon an mal an, eut lieu partout) et d’autre part la personnalisation (constamment en cours, les libérations sont certes des libérations, mais aussi des consciences prises et prenantes de notre action, de notre activité, de notre œuvre sur la réalité) sont engagées dans le processus premier et dernier de conscience qui expose, explose, manifeste, fait-voir, et ouvre la possibilité d’action et d’activité.

 

Pour chacun cela signifie que la question essentielle est posée durement ; qu’est-ce qui satisfait ? Et qu’est-ce qui satisfait « quoi » ?  Quelle est la part de notre être qui est « à satisfaire » ?

Il est clair que si notre être est un corps-langage, doublé (plus ou moins réellement) d’une identité (un moi conscient), ça n’est pas le même principe que de percevoir que c’est la conscience-de, cette structure, cette forme, qui produit humanisation et puis personnalisation.

Ou si c’est encore la cervelle (qui rêve éternellement son être), plus ou moins contaminée par une part de réel extérieur. 

 Ou si il est en jeu la composition inconsciente de cette identité doublée (élargie et perdue dans un inconscient produit et producteur qui téléguide notre pointe extérieure au contact de la réalité). 

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