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instants philosophie

L'être-politique : la possiblité gelée

15 Mai 2011, 14:08pm

Publié par zwardoz

La différence intentionnelle tient en ce que la finalité d’une intention, n’est pas cette intention elle-même ; l’intention se double, se triple, se quadruple. Et particulièrement il est en plus des glissements, (d’une intentionnalité dans d’autres et jusqu’à disparaitre comme intention, puisant dans les fonctionnalités, perceptions, représentations, signes, etc), la singulière évidence que l’intentionnalité se répond. Non seulement elle répond à ceci ou cela qu’elle exprime ou manifeste, mais dans un énoncé, il y a la question (auquel répond cet énoncé) qu’elle soit ou non exprimée. Elle peut être seulement visible ou audible ; l’exprimé (avec des mots, des séquences alignées, faisant sens) est une partie émergée, le reste est immergé ; comme monde, comme donné, comme vécu.

Si l’on se repère à l’exprimé, il est un décalage ; impressionnant lorsque l’on pointe l’apparition de toutes les causalités ; la manifestation de ces multiplicités contredit apparemment qu’il puisse exister un sujet « qui sait » (ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il perçoit).

Mais en réalité, ce décryptage des causalités s’opère à partir du sujet ; c’est lui qui mène l’investigation. En quoi donc il apparait tel qu’il est ; sans aucun contenu. Et au rebours de ce qu’une déréliction, qu’un nihilisme veut imposer (au nom d’une révolte donc qui croit à la malveillance de l’idée dominante de « sujet », alors que toute révolte se nourrit de l’indépendance d’un tel sujet), ce formalisme du sujet a pour finalité de structure, d’installer son empire.

Sauf à ceci ; que l’on ne retienne des causalités de notre monde, du donné ou du vécu, que l’extériorité d’un regard qui s’arroge la toute connaissance et par là le droit d’en imposer à l’universel sujet individuel.

A l’inverse, reprendre l’être de l’homme comme sujet, et amener ainsi l’universel, s’est promouvoir que l’acte de l’intentionnalité est incommensurable quand bien même les objectivités parviendraient à décrypter tant et plus de notre réalité donnée (de science, de sciences humaines, les psychologies ou les identités naturalistes en général, qu’elles soient structuralistes ou libérales, marxistes ou comportementales). Les objectivités, mais aussi les subjectivités ; le monde des mois est si profondément engoncé dans ses identités naturalistes, personnalistes, relationnelles qu’il ne sait même plus son statut constitutionnel comme valant évidemment bien plus que ces réalités qu’il prend pour son être-même.

Le seul potentiel de l’humanisation reste et demeure l’augmentation de l’universel et la relativisation des naturalismes (des langages et des corps comme dit Badiou) et l’abrogation des révoltes nihilistes. Etant entendu que l’universel est pris en relais par le perfectionnement des sujets (au-dessus des moi-mêmes) ; l’universel abstrait hégélien ou kantien, est devenu l’interne des mois en tant que relevant du sujet qu’ils portent.

Or la caractéristique du sujet, dans la réalité, se tient intégralement dans son fonctionnement intentionnel ; il n’est pas une abstraction, un idiome « sujet » nanti d’une « raison constituée » ; mais il n’est pas plus ce corps ou cette mise en langage ; toutes les causalités n’y feront rien. Puisque ce qui se décidera (dans le monde et le politique, le donné et les sciences, le vécu et le psy) s’effectuera « à vue », ce qui signifie dans l’acte même de sujet.

Les discours extérieurs, objectivant, il faut effectivement constamment se demander ; qui tire les ficelles et pour « quoi » ? Mais seul un sujet peut en toute clarté démonstrative, s’en poser la question ; il n’est pas un seul sujet dénoté, connoté, fut-il nietzschéen ou marxiste ou libéral comportementaliste, qui ait la légitimité et qui puisse être admis comme juge et, en conséquence, partie, du tribunal de raison ; il ne peut s’admettre que comme sujet démocratique et menant l’universel, et non une part lobbyiste, intéressée aux réalités. Dès que l’on cesse d’admettre le démocratique on affaisse la réserve intentionnelle et l’on ne manque pas de nous affubler de « réalités » assénées comme « vérités ». Il n’est pas de vérités hormis les décisions de l’intentionnel sujet. Décisions que démocratiquement chacun se doit.

Le seul et véritable handicap consistant en la faiblesse et la pauvreté de la constitution démocratique de l’humanisation. Constitution au sens quasiment physique ; nous dépendons de corps et de langages (résidant en identités qui nous tiennent) non universels ou plutôt dont les performances universelles sont amoindries, historiquement gelées.

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