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instants philosophie

La Parole et l'incompréhension généralisée

23 Octobre 2011, 19:06pm

Publié par zwardoz

La Parole comme entendement

Il est un passage qui fabrique l’être individuel de chacun destiné en ceci ; votre conscience est brisée par celle de l’autre, de tout autre, de l’Autre en soi, de l’altérité en ce sens spécifique ; que vous entendez vos idées comme si elles s’énonçaient d’une autre intention que la vôtre, alors vous accédez à la normalité.

Par idées il faut comprendre n’importe quelle sorte de pensée, fut-elle d’imagination et pourvu que dans cette pensée, dans ce flux, ce qui est entendu est organisé selon une logique, un code, un entendement autre que le vôtre. Entendement marque particulièrement bien la cassure de toute expression valide, en l’autre.

A ce point là, s’est constitué en votre esprit une objectivité ; non pas une objectivité relevant d’une connaissance effective, une science ou une discipline de tel domaine, mais un décentrement. Alors effectivement vous parlez comme un autre que vous-même, et prêtez plus d’attention à ce qui est entendu qu’à ce que vous dites vous-même, qu’à votre flux intérieur.

En ceci chacun est aliéné ; pris dans l’énonciation partagée, dans la Parole.

Le sujet en plus de l’entendement

Mais il est encore une possibilité au-delà de la Parole partagée, de reprendre la main ; d’élaborer une sur communication qui soit suffisamment elle-même décentrée, mais qui cette fois engage autre chose que votre intériorité ; toute discipline esthétique ou politique ou éthique ou théorique se charge de, en utilisant l’intériorité abandonnée, basculer un certain nombre d’informations (issues du flux interne mais également de la perception directe des choses, des êtres), de leur immédiate apparition vers, dans l’énonciation (qui laissée telle quelle,  est resserrée et stricte et fermée ; en tant que communication ).

Les deux sources

L’énonciation est donc augmentée bien que déposée en l’autre, (en son entendement), par d’un côté le flux intérieur (qui peut laisser remonter quantité de subterfuges, de dérives, de non dit), et de l’autre les informations directes (ce qui suppose que malgré ou au-delà et à cause donc de la Parole fermée, nous disposons par intermittence au moins, d’un accès intuitif à la perception du donné non pas tel quel, mais tel qu’il peut apparaitre).

Le monde humain fermé

Hormis cette augmentation (en laquelle le moi-même prend sur soi de passer outre l’énonciation fermée, et s’engage comme sujet activement, parfois s’accointant dangereusement avec le flux intérieur ou le donné immédiat, qui tendent à n’obéir ni à l’énonciation de l’entendement, ni à la Parole), on reste clos sur le Dit ; sur ce qui se Dit entre tous ou avec quelques uns. N’existe plus, à proprement parler, que l’énonçable et cela constitue un « moi-même », et cet ordre est ce autour de quoi le moi-même varie, tant qu’il tient à la mise ne ordre.

L’ordre est énoncé

Non évidemment que la perception ou l’intériorité n’existent pas ou plus, mais ce qui scande, ce qui pro-ordonne le recevable et l’irrecevable, est déterminé par la communication ; les dérives existent, et diversement, mais elles ne sont pas conclusives (cad inclues dans la réalité organisée) que si elles correspondent à l’entendement, l’écoute, le communiqué.

Le conclusif est ce qui est remarquable (par d’autres que soi), et qui permet à chacun de néanmoins se démultiplier un peu en quelques sens, mais sans perdre le fil. Et le fil est au fond assez ténu, il tient à peu. Il dépend de telle accentuation dans l’énoncé ; et ce qui retient l’accentuation est, pour chacun, ce qu’il transmet à l’autre. Au point que l’on peut dire ; le fil de ce que l’on tient, est à peine par nous-même compréhensible. A quoi bon le comprendre soi, puisque l’autre est supposé l’entendre ?

Tout glisse incessamment étrangement.

L’ordre est énoncé mais on n’y comprend pas grand-chose. 

 

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