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instants philosophie

Le moi-même comme mensonge, le sujet comme vérité froide

11 Octobre 2011, 15:33pm

Publié par zwardoz

Le lieu du sujet est véritablement un lieu ; cad un point réel où il est. En ce sens le sujet est lié en immanence à l’être qui est, à l’être tel qu’il est. (Sauf que l’être lui-même n’est pas « immanent à lui-même »)

L’idée de l’Etre

Nous sommes bien loin de l’idée de l’Etre ; encore faut-il bien comprendre que l’idée de l’Etre se tenait tout au bout de la compréhension. Ayant inventé l’universel, (la transcription cohérente et en tant que cohérente supposée à juste titre indéboulonnable, inévitable et identique de plus à notre être : en ce que notre être parvient ainsi à se représenter lui-même en n’importe quelle idée, il n’en perd pas le fil, il y est égal et sans perte ; il peut y maintenir sa volonté qui n’est plus heurtée et barrée par de l’incompréhensible ou de l’altérité), ayant inventé l’universel, il se fondait de sa performance (tout à fait réelle : la pensée discursive a déployé tout le pensable en un monde, quel qu’il soit, ou à peu près), pour supposer puis admettre que toute la réalité ne possède de « réel » qu’en cette compréhension universalisée.

L’universel dans la perception

Ce qui n’est pas absurde. L’universel, outre la cohérence interne que l’on peut bien concevoir comme principe (sinon de toute manière nous en serions exclu), exprime l’immédiateté (du monde, de tout monde particulier) sous la forme inverse du généralisé ; et il est vrai qu’il n’existe pas seulement ce chien ou cet autre, mais le Chien en général, ce qui nous ouvre instantanément à tout sorte de chien rencontré ; l’universel est l’ouverture même de la perception et de l’expérience.

La synthèse immédiate antérieure à l’universel

L’opposé de cette ouverture consiste à s’animer que toute rencontre dans le monde obéit à une synthèse dite immédiate ; toute rencontre, événement, chose ou être, a, aurait un Sens. Ce qui emplit tout monde particulier par la puissance de « visualisation » en une fois concrètement perçue, sentie, parlée, échangée, ordonnée. Le problème étant que quantité de données sont considérées comme « là » ; évidentes dans leurs masses propres, déjà vécues et ressenties et perçues. L’interrogation s’y poursuit, mais « en avant ».

A l’inverse donc l’universel ne considère rien comme immédiatement tel quel ; tout donné est décomposable en éléments. L’interrogation est à rebours. Pour nous les éléments sont soit mathématiques ou mesurables soit pensables et conceptualisables.

L’universel impossible en soi et en raison du sujet

Les idées se sont heurtées à l’impossibilité de tout déduire ; on peut décomposer le Bien en lui-même mais il s’impose d’une manière ou d’une autre de par soi. Ou plus exactement, le bien, tel que conçu, dépend de ce que l’on entend par là : il dépend de ce que l’on vise, cible, finalise par cette idée. En réalité toute idée est relative à l’intention. Et finalement si intention il y a, c’est qu’un sujet existe.

De là il ne faut absolument pas admettre une sorte de velléité ontologique, touchant à l’être, et comprendre que « ça dépend de soi-même, selon ce que l’on veut, désire, perçoit, etc ».

Le fils absolu

C’est au contraire que le sujet est le fils absolu de l’universel. On n’est pas sujet n’importe comment ; c’est même un impératif qui s’impose … et que l’on supporte difficilement. Que le moi-même psychologique insupporte totalement. Bien que le moi-même soit bel et bien constitué du sujet (en tant que statut de droit et devoir, en tant que citoyen, mais aussi dans l’immense construction culturelle individuelle qui nous échoit).

Le sujet est lui-même la coupure radicale. On voit bien cartésiennement que le sujet excède complètement tout ce qu’il entraine à sa suite ; par quoi le sujet n’est nullement idéaliste, mais la volonté activiste d’être la mesure universelle et ce par tous les bouts. Il est par ailleurs celui qui dessine le monde comme étendue ; planté au beau milieu du monde étendu, il se surprend lui-même comme clairement autre.

Il n’est aucune synthèse possible en quelque ordre que ce soit, et on est alors infiniment éloigné de tout monde particulier qui aurait un sens dans sa rencontre, ses choses et ses êtres.

Le moi-même comme dernière synthèse immédiate

Il se trouve que le moi-même, tout moi-même, fonctionne pourtant encore selon une synthèse immédiate (malgré toutes les réflexions rentrées), et qu’il se brise continuellement non seulement de par le monde, le vécu et le donné, mais tout autant en et via son sujet. Le sujet opère, à vif, et renvoie à sa propre structure ce que tout moi-même tente péniblement et patiemment de dresser comme « son essence ».

Le moi-même n’a donc pas du tout d’unité ; sinon celle qui se dessine dans le flux d’une intention, laquelle est, bien qu’elle se donne pour pleine et entière et tout ce que l’on voudra,  relative et donc vide. Le sujet étant à l’origine de l’universel, ça n’est pas non plus en l’universel qu’il trouvera refuge.

 

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