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instants philosophie

Le sens de la psychanalyse

11 Mai 2010, 21:06pm

Publié par zwardoz

L’intentionnalité est ce qui se précise dans l’activité de communiquer ; mais en elle-même elle entoure la totalité de ce qui est manifesté ; elle se pluralise constamment en toutes les facultés et toutes les réalités. Elle est malléable et corvéable. C’est donc seulement ici et là, dans telle connexion précise que l’intentionnel se précise tandis qu’il courre un peu partout et emmagasine et travaille par en-dessous, mais aussi au-delà de ce qui est strictement énoncé.

Que l’intentionnel finit par exister de par la communication, la parole, les mots, le marque définitivement et en cette cristallisation (que seuls lui accordent les mots) il risque d’y figer tout son potentiel ; ainsi sera-t-on toujours marqué de ce que, face aux autres, ou un autre, on a pu parler, ou fût autorisé à énoncer. Notre parole dépend alors de notre classe sociale ou de tel relationnel ou de telle expérience ; et notre intentionnel suit cette soumission non seulement à l’autorité mais au fait lui-même. En des contenus certes, mais également en la manière d’aborder l’expression-même ; dans le rapport de l’intentionnel non à tel ou tel contenu qui identifierait ou figerait, mais dans la capacité à manœuvrer l’expression pour elle-même.

On ne sait pas nécessairement qu’il est possible de détourner l’expression ; on considère que l’expression a à charge de dire le vrai, la réalité ; que le contenu préexiste à son expression (en ne voyant pas qu’en fait, la plupart du temps, c’est l’expression permise, autorisée ou, plus positivement, valorisée, ou qui sera significative pour l’autre, qui commande le contenu).

Mais la compréhension intentionnelle est inscrite comme identité ; c’est l’identité de soi qui s’offre comme canevas de la lecture des réalités et des autres ; un canevas particulier, le droit par exemple, ou tel rôle psychosocial, ou l’art, s’inscrivent en dernière instance dans l’identité d’une personnalisation intentionnelle. Là en quoi l’intention se scotche dans et par une identité ; une personnalisation particulière est donc plus ou moins apte à saisir l’intentionnalité même.

Qui porte vers quoi ?

Vers l’universel. L’universel de l’art, des mathématiques, du droit, de tout système de signes sont des intentionnalisations élaborées ; elles requièrent l’activité actuelle de l’intentionnalité. Si l’on voulait saisir l’identité de soi à soi dans un universel cela ne passerait pas ; si la psychologie est un système actuel, elle ne peut pas remonter jusque dans l’intentionnalité de l’identité d’un sujet ; elle ne le saisit que via des contenus, mais ces contenus eux-mêmes pourtant sont tout autant contenus déterminés que contenus intentionnalisés.

Par contre psychanalytiquement « ce qui parle », c’est, après maints efforts, l’intentionnalisation-même de la personne ; où l’on voit que cette identité «la personne » se déroule bien autrement et en quoi se révèle que l’intentionnalisation que l’on est, est absolument plurielle et multiforme ; elle ne se convoque qu’en une actualisation gigantesque qui n’en finit pas.

Quelle est la véritable universalité ?

Celle qui prolonge l’intentionnel dans des systèmes élevés ? Ou celle qui plonge dans la masse intentionnelle jusqu’à la perdre dans ses méandres ?

Le problème est que si l’universel déploie l’intentionnel dans sa pointure, son ampleur et son étendue, la masse intentionnelle creuse à même là où « cela surgit ».

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