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instants philosophie

Le sujet de philosophie, pur, et l'objet, étriqué, du moi-même

15 Juin 2011, 14:36pm

Publié par zwardoz

Il est, en somme, non pas deux positions de l’intentionnel, qui seraient immédiat ou réfléchi, mais subdivisions jusqu’à se perdre plusieurs fois. Comme l’intentionnel ne peut pas être interrogé en lui-même, (il existe peu, voir inexiste), on prend souvent ses objets, ses finalités, ses modes d’être dans un monde, comme étant son essence, sa seule représentation, son représentant sur terre.

Si l’intentionnalité s’épuisait ou s’affaissait dans un objet, il ne renaitrait pas si aisément à propos de tout objet, par toute stratégie, en tout miroir. On se demande quelle est l’identité d’un moi qui varie constamment, mais l’intentionnalité existe, elle, dans la renaissance continuelle ; quand bien même malgré toutes espèces d’interruptions, voir de cataclysmes.

Il est à peu près clair que l’on ne sait pas quoi en faire ; comment jouer de l’intentionnalité. Les morales bâtardes en sont pleines de ruses partielles et assujetties. Il est probable qu’une grande partie de notre énergie consiste à échapper à la structure d’intentionnalité pure ; à l’inscrire dans des finalités. Forcément réductrices, puisque l’intentionnel n’est pas de ce monde, ni d’aucun. Il est par ailleurs difficile de repérer que l’attention puisse être en elle-même l’objet d’une méthodologie. En réalité la seule méthodologie qui permette le plein emploi, autant qu’il est possible, de l’attention se nomme … philosophie.

Parce que, outre le traitement conceptuel de « ce qui est », il est chaque fois une mise en forme de « ce par quoi il faut agir » sur la pensée.

Et puisque la philosophie s’attache à cela-même qui permet de maitriser ce qui nous vient, elle essaime en toutes dimensions ; esthétiques ou éthiques ou connaissantes ou existentiellement vécues. Elle s’en prend à ce qui, en nous, se décide de soi ; se décide de soi. En un redoublement.

Aussi, alors même que le concept est en désordre, ou l’idéal ou l’idéel désenchante, l’universel en pagaille, peu importe, puisque le propre de la philosophie n’est pas exclusivement de penser, mais plus en amont de contrôler ou plus exactement d’orienter ou même de seulement réorienter l’intentionnalité, l’intention d’y être. De réorienter cela même qui nous donne l’accès à ceci ou cela. Il ne convient donc pas de laisser être-là, inerte, ce que nous sommes.

Or cela ne signifie pas un contrôle ardu, pesant et tout extérieur, mais une grande latitude. C’est que le contrôle ardu est requis lorsque l’objet est précis, précisément là, alors qu’en ceci l’objet de la volonté étant « tout ce qui vient par où cela nous arrive », cet objet global et incertain, il en est une volonté bien dégagée et aléatoire.

La mise en œuvre de l’intentionnel par lui-même se crée ses occasions propres ; les esthétiques, les éthiques, les contemplations ou les aventures du monde. Pour toute énorme entreprise il est exigé en somme une volonté de la volonté ; soit ; une motivation. Et puisque l’intentionnel n’est rien du tout, s’appliquant à lui-même, il renvoie ipso facto à « tout contenu » (cad tout donné, tout vécu, toute sorte de mondes). La volonté de la volonté est le perfectionnement de notre être qui, inexistant, passe, sans plus de mémoire, de tel contenu finalisant ou voir obsédant, monomaniaque, à l’ampleur qui lui sied. Parce qu’ainsi non seulement il laisse instamment remonter tout contenu possible, latent ou virtuel, et forcément réel, mais de plus il parvient à se rendre, quasi objectivement, ce qui sinon demeure dans la prédisposition aux objets délimités ; puisque dans le vécu on ne se fascine que des objets de l’attention et non pas de l’attention intentionnelle elle-même.

Pour le moi-même habituel, ce qui se veut en tant que vouloir, parait n’être que le vide ou la belle âme ou l’inaction ou l’image de soi incompréhensible, un narcissisme ou une vanité. La réalité est que la double volonté explose et expose les contenus dans leur quantité et indépendamment de leur qualité ; non un vide, mais un plein. L’exposition du remplissage : du remplissage de tout ce que l’on est (remplissage qui prélude à tout objet et qui passe à la trappe, puisque fasciné de tel objet), le déballage de tous les états de choses. Suractivité et non pas inertie.

Et ce sont donc les systèmes de représentations qui seront privilégiés ; le but de l’intention de volonté n’étant pas tel ou tel objet, mais la représentation de ses possibilités ; il se signifiera dans ces systèmes ultra rapides et notifiant tout mouvement de l’âme en épuisement du monde, de tous les mondes.

En comparaison de quoi, le moi-même ne se tenant que de quelques finalités, voir d’une seule, laisse dans l’inertie, l’inactivité, ce dont il se sert pour désirer ; l’intentionnel ne lui est que moyen, et se plonge de ce fait dans l’obscurité du non dicible, ne s’expose pas du tout et il lui semble seulement qu’ici et là un objet, famélique, le représente.  

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