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instants philosophie

Nouvelles du Grand Monde

21 Janvier 2012, 09:16am

Publié par zwardoz

Nouvelles du grand monde

Entre le conscient qui dans son activité même se stabilise (en objets) et l’inconscient qui vadrouille selon son rêve (pour le cerveau la réalité n’existe pas ; le conscient est une part détachée de ce que nous possédons en commun avec les mammifères ; le rêve). Entre les deux il est l’intentionnalité ; celle-ci appartient au monde, au donné et au vécu.

L’intentionnalité est une toute petite virgule qui se déplace sensiblement et est insituable. Elle ponctue ici et là, jamais en continu, et on se demande où peut-elle donc prendre des forces pour exister. On sait qu’elle les invente.

Il est évidemment, on n’y revient pas, quantité de déterminations en nous qui répondent aux déterminations, on est motivés du corps, des autres, des mots, de tout ce que l’on voudra dans le monde. Mais dans l’ici et là de l’intentionnalité, le sujet montre du doigt ce qu’il y a à être. Il le sait. Il ouvre de lui-même sa propre dimension aussi soyeuse et incertaine soit-elle.

Sans doute lorsque l’universel constituait l’horizon historique à venir (antérieurement aux révolutions constitutionnelles), les variations intentionnelles en appelaient à un supposé corpus de vérité rationnelle. Lequel corps fut effectivement intégralement réalisé, historiquement acquis. Mais depuis lors, l’universel entourant chacun dans son statut même, l’attention peut se porter sur la précision du monde immédiatement « là » ; les sujets (constitués constitutionnellement, politiquement selon l’universel). Chacun est donc un tel-sujet ayant à portée de préhension, le donné, là, des choses à désirer, des projets à propager, de l’image de soi à déployer, etc.

Chacun est déraisonnablement envahi de tout ce monde alentour ; au point de n’être plus du tout arcbouté sur l’universel et de basculer dans l’entière contingence sans aucun avenir. La contingence, le nihilisme plat, vaseux, tout flasque, absorbe toute l’énergie et détériore radicalement le sujet, défait les intentionnalités. Il est même quantité de théories qui prouvent ou démontent à quel point l’universel n’est pas, qu’il n’existe que du tout-venant, de la vie vécue bêtement (on nous rabat même les oreilles qu’il n’est que des corps et des langages, hormis ce vieux succédané de Vérité qui pense reprendre l’universel tout général et abstrait, précisément déjà réalisé depuis si longtemps).

Et effectivement il faut amener tout cela ; que tout est déterminations ; mais non pas que l’universel, réalisé, historiquement, soit sans suite. Tout sujet, réel, est la suite de l’universel … en acte. Il est clair que la démocratie est absolument ce qui devait être et qu’elle se définit littéralement comme le pouvoir pour et par le peuple des gens. On ne sait pas ce que peuvent les gens. Comment ils se débrouillent sexuellement, affectivement, relationnellement, politiquement et économiquement, intellectuellement, culturellement et tout ça. On ne le sait pas.

Il apparait donc qu’il leur faut la comprendre, la saisir, du dedans, de la mise en forme de leur vécu, de leur donné, de leur monde, il leur faut comprendre la méthode. En ceci ce qui suit la démocratie instaurée abstraitement et donc constitutionnellement (laquelle se fonde sur et dans l’universel, largement pensé mille fois par les philosophies, c’était leur finalité imprescriptible), ce qui suit la démocratie, c’est la coordination ; il faut que les gens, le peuple, se coordonne. Il faut qu’il sache ce que l’autre veut et ce que lui-même pousse au devant de soi. La grande coordination dans le grand monde, c’est ce qui est en cause. La seule cause qui soit.

Et ça ne s’invente pas ; pas de l’extérieur. Ça doit naitre dans et par l’activité même, de chacun de tous. Et ça ne le peut que visiblement, dans l’ordre du visible.

Remarquons que depuis au moins Descartes (grand précurseur de tout ce qui le suivit), mais bien sur admirablement depuis les révolutions, c’est ce à quoi s’emploie la philosophie qui a déjà sauté par-dessus l’obstacle de l’universel, et se tient en éclaireur dans l’embuscade du temps qui passe. Tout ce qui est pensé, depuis que l’universel est acquis, tente et explore le devenir de la réalité individuée et du monde attenant, (fut-il marxiste, existentiel, psychanalytique ou anthropologique ou toute scientificité qui puisse se développer). De même le jazz ou le rock’n roll, ça parle des gens en tant que chacun est son propre mouvement. Son propre mouvement dans le même monde. Le cinéma observe chirurgicalement les comportements, l’art morfle les objets-mêmes, etc.

On peut donc dire que l’universel s’est réalisé en une fois, abstraitement pour ainsi dire, cad en gait constitutionnellement, mais qu’il révèle alors que son être n’est pas du tout abstrait, et qu’il se dépose dans tout un chacun (de son statut) ou plutôt qu’il intervient alors en propre, en acte ; en tant que tout un chacun est sujet.

Que le reste, donc, ce sont des remugles interprétatifs (de contingences diverses, de grands contenus secondaires, tout à fait, des bricolages incestueux), qui abandonnent l’universel pur et simple, soit donc la forme absolue que l’universel est ; à savoir l’intentionnalité-même, ou selon la divination cartésienne l’attentionnalité dite de la méthode unique. 

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