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instants philosophie

On est tellement libre .... qu'on ne le "sait" pas

7 Avril 2012, 14:34pm

Publié par zwardoz

Que l’on ne puisse pas dépasser Descartes ne tient pas à son discours à proprement dit, mais en ce qu’il découvre, déshabille, met à nu un Réel. Lequel ne peut pas être converti ; il se dresse de fait et s’impose.

La description qu’il en tire (doute-cogito-infini-étendue) demeure notre seule réalité ; un sujet planté « là » sur l’étendue.

Il en reste que l’être tient à la fois d’un tel sujet (intégralement autre que tout le donné) et d’un monde effectivement là. On peut inventorier la totalité du monde, qui s’étend a priori indéfiniment, du moins tant qu’on le peut, mais cette détermination indéfinie ne permet pas de conclure du sujet ; alors même que en tant que Un le sujet se sait déjà, est déjà à soi-même la certitude d’y être.

On aura beau inventorier tout ce qui se déroule dans un monde, celui-ci ou un autre, puisque le libre est et qu’il est Un (quelle que soit sa forme d’être, il est de fait effectivement Un ou alors il n’est pas du tout et alors on se demande ce qui tel quel se constate soi, et s’ouvre de cette constatation à se modifier, quand bien même pour cette modification devrait-il en passer par des nécessités sociologiques ou des contingences psychanalytiques, ou d’autres domaines encore de ce monde), puisque le libre est, et qu’il est Un (sinon il ne s’offrirait pas un rapport à lui-même, qui signe son unité ; quelle qu’elle soit), il relève d’une autre dimension, hors de tout monde et de toute détermination.

Ce qui se corrobore de ce que n’importe quel texte philosophique est difficilement compréhensible ; il est, a-t-on dit, retors. Il s’enroule. Il parait s’enrouler sur lui-même et au bout du compte, prétendent d’autres, ne rein dire du tout.

C’est qu’effectivement il ne dit rien de conséquent sur le monde, le donné, tel qu’objectivement (mais en tous les cas possibles n’importe quelle objectivité est elle-même construite et non pas si immédiate et évidente en quoi que ce soit).

Sauf qu’il entame ce qui en nous, en chacun, en tous, permet qu’il y ait un monde et s’immisce radicalement à la racine qui prédispose toute la postérité. Et pour ce faire, il ne faut pas seulement créer le vocabulaire (inexistant tel quel dans le vécu ou le monde concerné), il faut encore que ce vocabulaire soit en plus d’être détourné (de son usage commun), qu’il soit retourné ; retourné en ce qu’il témoigne de l’unité de la pensée, du libre, de la volonté ou quel que soit la manière d’approcher cet être, à part, que l’on est.

Que cet être existe pour lui-même manifeste donc qu’il est une unité et que cette unité qui ne prévoit rien du monde, du vécu, du donné, et parait reprendre cela à partir de zéro, du rien, du vide, du neutre, on peut dire que cette unité est une dimension en soi ; et comme on n’en connait pas d’autre, visiblement, qu’elle est la dimension ou en tous cas celle qui nous pré-occupe.

On en conclut donc, partout, que quelque dimension en-plus (de n’importe quel monde) existe.

Que l’on puisse amoindrir cette unité, en remarquant ses nombreuses incarcérations dans les nécessités ou les contingences, ne l’annule pas ; ces approches exogènes s’effectuent de toute façon en et par cette externalité de notre être qui est hors du monde.

Il est certes apparent que Descartes pense identifier cet être en sa « pensée » ; tout en déliant si bien les rapports que l’on ne sait trop où s’arrête ce qu’il nomme « pensée ». Ce en quoi se précipiteront de la découper en langage, causes mondaines, installations psychologiques, mais sans parvenir à la rompre. Puisque cet être ne se tient de nulle part ; on peut lui opposer ses propres contenus, mais aucun ne justifie de ce que cet être tient de par soi, puisqu’il est de faire référence à son tourbillon majeur ; ce maelstrom interne à sa structure qui fait être cette structure ; il est en acte. Et Descartes activiste pur.

Comme il surgit d’un ensemble de rapports, cet être n’est pas lié ; il se dégage des contenus idéels ou émotionnels, des fonctions psychologiques ou physiologiques, des capacités intellectives ou caractérielles, des réalités activées, de la perception même, des influx ou des désirs. Ça « apparait ». Ça apparait à soi.

On peut supposer que cette apparition est absolument dépendante des déterminations qui apparaissent. Et puisqu’il n’est rien (de déterminé) le sujet passe de lui-même sous, en-dessous des conditions de pensabilité ; on ne peut rien en dire et l’on se trouve contraint de le penser selon ses déterminations, qui sont alors bien vite Ces déterminations là. Le sujet a donc sa cause dans l’altérité, dans autre que soi.

Mais cependant c’est toujours sa structure qui revient par-dessus et quand bien même n’aurait-elle rien à dire ; puisque c’est « elle qui dit ». « Ce qui dit » n’a rien à dire : ça existe de fait, et que ça existe de par soi ne signifie qu’il, cet être, se précède. Il fait seulement et uniquement retour. Il fait-retour. Il ne tient que dans le retour sur « soi » : bien que ça ne soit pas lui, ce sur quoi il fait retour, ça n’est pas lui ; lui, ne tient que dans le retour.

Il peut donc s’intercéder quantité de données, de contenus, d’informations antérieurement au retour. Mais aussi ce Retour sur un « soi » ne touche aucun « soi ». il lui faut l’imaginer. Il imagine ce sur qui, quoi, il fait-retour.

D’une manière ou d’une autre, d’une part c’est un mensonge, une illusion, parce qu’une construction, et d’autre part cela garantit que pas lui-même il ne peut se contraindre… Autrement dit qu’il est purement libre puisqu’il ne peut pas même se soumettre à soi (n’étant aucun soi préalable mais seulement en seconde partie, et supposant toujours une image, idée, illusion de « soi »). 

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