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instants philosophie

Positivité absolue du sujet et du moi-même

20 Juillet 2010, 12:08pm

Publié par zwardoz

Pour saisir ce qui est dit, il faut en passer par une distanciation constante ; l’évidence vaut que le sujet n’est pas le moi.

Or cependant le sujet est ce sur quoi est fondé historiquement le moi ; lequel est l’acquis effectif du 20éme, envers et contre tous les siècles qui précèdent. Fondé en théorie, philosophiquement, et fondé historiquement, par la constitutionnalité des sociétés en cours d’humanisation, fondé culturellement en ceci ; que chacun voit midi à sa porte, mais se permet d’offrir un point de vue privilégié, et en somme une résolution soit esthétique soit littéraire de ce qui peut être, et se saisit activement, comme il est saisi passivement, de l’universel.

Passivement le moi s’obtient de son sujet, il lui emprunte ce qui risque de n’être qu’un vêtement, trop grand ou trop petit ; mais qui revient dans le vécu et le pousse à être.
Dans le moi-même, le sujet (duquel le moi se tient) tisse par-dessous et poursuit sa propre trame ; le sujet est dans le moi les passages, les liaisons, les schémas au-delà des objets localisés sur lesquels la psychologie du moi se fonde. Ainsi le moi risque-t-il constamment d’être le jouet d’une stratégie tout autre que la partie de jeu qu’il croit incarner.

Activement, c’est au prix d’un décentrement ; il cesse d’être seulement soi et passe, selon la fine pointe de son Je, dans l’universel. Toute activité intellective est de ce sujet, la mort du moi-même et la naissance d’un universel existant, d’un universel concret, très hégéliennement. Il cesse d’être seulement soi, il n’annule pas le moi-même, l’identité ; il la transporte sur l’autre planification de l’être. Celle du sujet.

D’un Je qui est seulement un ego cogito ; qui donc délaisse l’égocentrisme, puisque le centre de son monde est devenu l’être-même, le vide, la surface vide ; ce que l’on ne sait pas remplir, ce qui demeure toujours vide. Si le moi-même n’est plus le centre du monde, mais que l’être devient le centre, le moi-même perd tout, qui ne se joue que d’unifier le monde « pour-lui-même ».  De là que tout moi-même, si il tente de se saisir de soi, passe dans les objets de son intention ; et de là que puisqu’il se tient des objets, il ne sait pas ce qu’il dit, étant profondément écrit dans les objets.

Pour cela, si, dans le moi-même, la réalité peut être dite, (ce qui ne changera pas les choses, les objets, les autres, les identités, etc), par contre pour le sujet tout signe ajouté change considérablement la nature même de ce qui est. Le sujet est ce qui joue avec le réel ; il a échangé son identité de moi-même, contre la faculté de jouissance de la modification.

De fait cependant, le sujet n’atteint pas la densité du centrement du moi-même, qui s’incarne dans le monde, qui est-monde.
Tandis que les modifications du sujet sont extérieures et abstraites, les objets et les choses du moi-même sont denses et corporellement existantes. Le moi-même peut parler autant qu’il veut, il ne parviendra que difficilement à bouger les choses-mêmes. Pour lui, le monde est signes, mais comme il est d’abord monde et « objets dans la réalité », ces signes sont incrustés dans l’épaisseur ; les mots commentent ou font partie matériellement du monde des réalités. Sans que soit annulée le moi-même comme centrement de ce monde, mais sans non plus qu’il puisse lui, le moi-même, se nommer, et nomination qu’il cherche dans des objets ; le moi-même est en somme l’unité formelle de diversités vécues, mais il ne le sait pas ; il croit faire-partie du vécu.

Le sujet à l’inverse, sait qu’il n’est pas ; cela le satisfait grandement.

La liberté du sujet dresse un autre plan, qui dessine par-dessus le monde, au-delà des objets ; il retient sa finalité et développe une autre surface que celle très particularisée de la psychologie du moi-même ; il conduit universellement (et ainsi pousse le moi à produire une universalité de résolution ; le moi lui est comme une équation dont la résolution est à découvrir). Qui concerne aussi bien le moi dans son vécu que le sujet dans son abstraction ; le sujet actif use du moi comme d’une expérience dont il, le sujet, n’est pas la limite ; il en est l’illimité.

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