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instants philosophie

Structure du libre

8 Juillet 2012, 15:24pm

Publié par zwardoz

Le sens, la personnalisation, l’humanisation, morale ou bonheur sont donc, du point de vue de pure structure, des fonctions. Mais aussi le nombre ou les idées, de même que les politiques ou les inconscients.


La faiblesse absolue

Le problème est que la structure est infime et n’est pas du tout une volonté forte ou un conscient architecturé. C’est une incartade, un interstice, un en-plus qui s’abreuve de tout le reste et c’est tout le reste, le monde, le donné, le vécu, la détermination, qui seuls existent.

De même on n’a pas accès à la structure intentionnelle ou attentionnelle, elle est. Elle est la surface sur laquelle tout se projette ; il est bien des replis, des quantités de replis mais aucun ne remonte en deçà, pas avance, au préalable. La surface projette tout au-devant sans jamais être atteinte elle-même de ce qu’elle touche, engendre, subit, reçoit, creuse, de l’ensemble indéfini des expériences possibles.


Le(s) conscient(s)

Les replis se donnent parfois comme conscients d’eux-mêmes ; ce qui n’est pas faux, mais n’est pas complet ; il manque constamment que telle motion consciente est elle-même déjà comprise dans une plus grande intentionnalité, mais qui n’en est pas une ; c’est un horizon. L’horizon est échappant. L’intentionnalité se donne ou se prend dans un objet. L’attention est ponctuelle.

N’étant pas déterminée, mais se déduisant des déterminations, la structure accepte tout « ce qui vient » ; elle s’identifie en somme à la perception généralisée ; elle est ouverte sur ce qui arrive, et perçoit même avant de penser quoi que ce soit, puisque penser est un repli, une activité. Le champ de l’attention n’est pas omniscient, ni de totale puissance ; mais au contraire se laisse investir et contraindre, elle se glisse dans la perception, le corps, le souvenir et les mémoires, les systèmes de signes. Etant retour-sur elle ne s’impose pas mais disparait dans les fonctionnalités, dont de toute manière elle se déduit. Elle en émerge et ne s’y oppose ne rien. Sauf en quelques replis ; quelques durcissements, mais ces durcissements, ces solidifications sont elles-mêmes incluses dans un champ, un horizon (sinon l’attention se figerait absurdement et sans parvenir à en sortir).


L’unidimension

Son être n’est donc pas de produire une unification forte et surdimensionnée ; puisque de dimension il n’en est qu’une seule, absolument plate et sans identité ; de là qu’il faille laisser être l’être même des choses, de soi-même, des autres ; la dimension (la seule et unique) advient en plus, et n’ayant pas de contenus, cette forme s’augmente de n’être pas soi.


La richesse et l’universalité

Evidemment cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’unités, d’unifications ; puisque la forme dépend dans la détermination, de la configuration même des fonctionnalités, de l’intégration de toute cette détermination. Mais manquant de tout, de tout déploiement dans le monde, le donné ou le vécu, la forme, la structure de notre être n’en conserve pas moins sa propre possibilité et de fait ne manque de rien. Même si multipliant la détermination, agrandissant les facultés et les fonctionnalités (dans un milieu sociétal indéfiniment riche idéalement), il est clair que la pluralité offre à la dimension structurelle mille et une occasions.

Il n’est pas certain cependant que la richesse pousse à être d’autant ; la gestion de cette multiplicité peut tout aussi bien accaparer et éteindre non pas les mille et une occasions, mais la certitude et l’impact de l’intentionnel. Ce qui remonte dans la multiplicité et la richesse, c’est la puissance du monde, du donné, du vécu, la complexité des personnalisations ; or la structure est en elle-même absolument simple.


Dilatatoire

Absolument simple et toujours totalement acquise à elle-même (en ce sens qu’elle ne s’appartient même pas, en ce sens qu’elle n’appartient à rien, ni quoi ou qui que ce soit). Il est donc au cœur même de la richesse, de la personnalisation complexe comme de l’humanisation augmentée (par l’interface de l’universel, de l’Etat aux sciences et à la Kultur, classique, de partage égale entre tous), il est donc un décrochage singulier.


La singularité

La singularité est au cœur de ces deux foyers intenses, la richesse des informations (relative à la personnalisation) et l’universel (relatif à la réalisation de la révolution unique libérale, au sens adéquat et non perverti, idéal, le libéralisme universel et non les libéralismes secondaires idéologiques). La singularité est la décision absolument individuée que ni l’universel ni la richesse ne résolvent quoi que ce soit. En nommera Rimbaud ou Artaud ou qui que ce soit … Parce qu’aucune personnalisation ne se suffit en son identité (ses identités) ; la personnalisation est l’effet d’une structure dite non pas individuelle, (qui réclame ce resserrement des conscients) mais individuée.


Individuée se dit « d’un point donné là dans le monde, le donné, le vécu ».

Bien qu’il n’en veuille pas la plupart du temps, il est l’aboutissement de l’universel (réalisé historiquement par la révolution unique) et de la richesse (le déploiement de l’universel comme liberté pure). Il ne peut pas exister sans cela ; mais comme il est, lui, l’être-libre absolument (qu’il le veuille ou non, chacun est ainsi serti dans le monde-là, le monde étendue), il prétend négliger et l’universel et la richesse (dont l’essence est l’information, et non seulement l’entassement). Libre il se tient « de par soi » dans l’ignorance plus ou moins avertie.

En quoi donc l’universel fut dépassé (au deux sens de dépassé objectivement et submergé) par sa concrétisation dans le monde, donné, là ; par et dans le libre-pur. L’être en tant que libre, cad sans-rien. 

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