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instants philosophie

Histoire amplifiée de la philosophie

10 Août 2013, 16:02pm

Publié par pascal doyelle

La définition de la philosophie comme métaphysique revient à proposer d’établir un discours, une théorie, une pensée objective de « ce qui est » sans qu’il soit tenu compte de notre état de fait, à savoir la distance infranchissable. Distance entre quoi et quoi, on l’ignore pour le moment.

Il ne faut pas croire que les 2500 ans suffiront pour épuiser l’ambition, ce par quoi notre-être, qui est radicalement étranger (à tout), nous conduit. S’appliquant comme un mécanisme mais ce mécanisme étant de conscience, il est un se-savoir, et donc mécanisme absolu et comme tel est la puissance même (au moins autant que nous puissions rencontrer la puissance, et sans préjuger de ce à quoi peut atteindre le potentiel en cet univers ou en d’autres ; il est peut-être d’autres formules d’existence décuplées).

Les deux réflexivités en vigueur

L’universel et la métaphysique ne sont pas la seule réflexivité agissante ; il est, au moins, une autre qui stipule la dernière conscience indéfinie (dieu et le christ et donc le saint esprit, qui manifestent réellement le structurel agissant, indépendamment de la croyance, qui regarde chacun et sur laquelle aucune position ne peut être prise philosophiquement), et qui a, cette autre ambition structurelle, développé une intentionnalité spécifique qui montre bien que le réflexif double l’universel grec et même l’emporte, puisque la pensée chrétienne a engendré une acculturation généralisée, et ce l’une par l’autre.

La pensée grecque métaphysique veut réellement assujettir toute la réalité en sa pensabilité ; le pensable, ce qui est pour-nous compréhensible, est la mesure.

La pensée chrétienne incline à ramener cette pensabilité à comprendre la volonté de dieu ; il est dans la pensée chrétienne une lutte qui veut imposer à dieu le traitement d’un objet de pensée, ce qui ne se peut pas. Descartes va lier par contre notre être sous sa condition de volonté infinie à l’être de dieu comme super éminent, et annuler que dieu soit saisissable en pensée ; il ne sera accessible qu’en intentionnalité.

La pensée et les pensabilités

Mais dès lors puisque Descartes (puisqu’il existe et a eu lieu), la pensée s’est vue transformée en pensabilité ; elle n’est plus la finalité « instinctive » et instantanée, mais est une réalité objective manipulable, à partir d’un externe donc (la volonté ou la position globale du « sujet » par Descartes, excentré par rapport à la pensée, ainsi les idées cartésiennes sont étranges et sont des rapports ; par le doute l’idée perd sa spontanéité et est relativisée).

De la sorte Leibniz ou Spinoza entreprennent une reconstruction ; poursuivent une mathématisation de la pensée qui devient pensabilité et continuera comme pensabilités divergentes (puisque le centre est devenu la volonté, le doute, l’intentionnalité, qui est seule certitude de son être ; on ignore l’être de la pensée). Mais de même c’est cette pensabilité, la pensée relativisée, qui portera le criticisme kantien et le vertige hégélien. En tout la pensée n’est plus la voie royale, mais cela n’incline pas à admettre qu’elle disparaisse et encore moins qu’elle soit remplacer par le « sujet », l’intuition, l’irrationnel, ou tel et tel donné (la matière, l’économie, la vie, etc).

La forme ontologique de cet-être

La pensée se continue sous sa métamorphose ontologique mais aussi comme pensabilité qui va exploser les pensées possibles, comme logiques et mathématiques décuplées, comme hégélianisme ou comme analytique, et encore comme pensabilités selon le monde (telle ou telle partie de la réalité vient expliquer notre être, du langage à la génétique, de l’économie à la psychanalyse, etc).

La pensée est donc, grecque, toute une et enthousiasmée par sa découverte et s’invente selon cette universalité, rencontre la réflexivité chrétienne et s’y déploie indéfiniment sous l’effet de la liberté intentionnelle, de la dernière conscience de dieu qui est l’intention majeure de toutes les consciences, pour buter contre le cartésianisme et son cycle adapté qui procrée quantité de consciences libres (et non plus libérées par un Autre).

Philosophie comme dépassement éhonté de tout ce qui est

La philosophie a déjà largement absorbé et le recul de la métaphysique et le devenir de libération, en affirmant qu’il est une première conscience (Descartes, suivie de toutes les explorations libres qui suivront, qui exploreront le monde comme « notre-être » jusqu’à Nietzsche d’une part, son affirmation et sa certitude in-sensée, et jusqu’aux existentiels d’autre part et leur exposition objective et nette de la conscience première ; ce qui signifie la conscience qui est en tous et toujours semblable, absolument identique, pure structure).

La pseudo destruction de la philosophie

Ce dépassement étant accompli, on peine à comprendre ce que d’aucuns nomment le dépassement destructif de la philosophie, entendant par là l’extinction de la métaphysique ; elle est subsumée (absorbée, conservée et étendue) depuis bien longtemps.

Mais les critiques envers la philosophie continuent de la caricaturer ou en réalité de la comprendre sous la seule formulation de « métaphysique » élaborant un discours unilatéral qui supplanterait tout, ou comme universalité générique et relevant de la seule « vérité » entendant par là non pas le principe de vérité, mais une vérité de contenu qui posséderait les choses avant qu’elles mêmes se possèdent et qui plus qui penserait les être libres antérieurement à leur libre en propre, de même que l’on croit encore que la conscience est le « conscient ».

Tout cela est absurde, et montre un retard considérable sur ce qui est le mouvement même du devenir réflexif.

Elle n’est pas l’élaboration d’un discours plein et clos, ni la conscience n’est un conscient-forteresse, une identité fébrile qui tente de recoller les morceaux ; les désespoirs sanguinolents qui étreignent les cœurs n’ont tout simplement pas lieu d’être. Le devenir de ce qui est, est une source débordante.

Or comme le devenir conscience est in-sensé et non raisonnable au sens plat, on peut s’y perdre de ne pas percevoir le lien unique qui relie tous les dépassements ; comme si ce qui est, s’existerait rectiligne.

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